Résurrections!

Vous avez bien lu: résurrections… au pluriel. Nous avons célébré à  Pâques la résurrection du Christ, événement central de la foi chrétienne.  Au plan liturgique nous sommes toujours dans le temps pascal, qui dure cinquante jours.  Mais il y a dans la vie des événements qu’on peut qualifier de résurrection.  C’est ce que je suis en train de vivre, et bien d’autres en même temps que moi.

A la suite d’une chute à l’extérieur de ma résidence le 26 septembre dernier je me suis retrouvé à l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal pour y être opéré d’urgence tout au haut de la colonne vertébrale.  Hospitalisé là 32 jours, incapable de me retourner dans mon lit, totalement dépendant du personnel soignant, affublé d’un collet cervical 24 heures sur 24, transféré ensuite au Centre de réadaptation Gingras  de Montréal durant près de deux mois où, grâce à un personnel très qualifié, on m’a remis sur pied petit à petit.  Retour à la maison le 19 janvier où je suis maintenant en mesure de voir moi-même à l’entretien ordinaire de la maison  – lentement –  avec poursuite de réadaptation par physiothérapie et ergothérapie au Bouclier de Mont-Laurier toutes les semaines. Totalement dépendant des autres pour mes nombreux déplacements pour rendez-vous d’ordre médical ou autre puisque je ne suis pas encore en mesure de conduire mon auto.

Si la résurrection du Christ s’est faite tout d’un coup dans la nuit de  Pâques, d’autres résurrections se font à petite dose si je peux dire. Elles n’en sont pas moins résurrections, mot qui signifie littéralement ‘relèvement’.   A l’hôpital et davantage au Centre de réadaptation j’ai vu autour de moi plusieurs résurrections de victimes de chutes sur des surfaces glacées, d’autres, surtout des jeunes, victimes de graves imprudences (activités sportives, travail sans mesure préventive) ou de victimes d’un AVC.

 Le personnel très qualifié  du Centre de réadaptation se trouve avoir agi à la manière de Jésus qui a dit au paralytique: ‘’Lève-toi et marche!’’  (Jean 5, 5-9) quand il s’est agi de passer du fauteuil roulant au lit, d’utiliser une marchette les premières fois, ou de monter un escalier de trois marches qui me semblait haut comme l’Everest, ou plus tard de marcher avec une canne puis sans canne.  Mais encore, pour guérir, faut-il le vouloir, vaincre les peurs de tomber, prendre les moyens pour y arriver, accueillir l’indispensable et motivant soutien du personnel spécialisé tout en acceptant d’y aller à petites doses cent fois répétées.  Il m’est arrivé plusieurs fois de dire aux membres du personnel traitant que, si je progressais, c’était grâce à eux.  Mais le personnel avait toujours la même réponse:  non, c’est vous qui vous guérissez.  Le fait est que, pour guérir, il faut le vouloir, s’astreindre aux démarches et exercices proposés, avoir foi au personnel qui, lui, fait confiance aux blessés sans jamais les juger et avec une patience remarquable.  Il faut une volonté et un désir de part et d’autre  pour provoquer, si je peux dire, une résurrection, comme on le voit d’ailleurs dans l’évangile où Jésus demande à un aveugle-né: ‘’Que veux-tu que je fasse pour toi?  Que je voie, Seigneur!’’  (Luc 18,41-42).

 André Chalifoux

One Response to Résurrections!

  1. Marie-Paule Laforest says:

    Bravo, André! Avec toi, je rends grâce à Dieu qui s’est fait si présent à toutes les étapes de ta résurrection et t’a donné tant de détermination!
    Marie-Paule L.

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