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La rédaction

Noël : fête du …« don de Dieu » !

MorinAlainDepuis quelques semaines,  au-delà des mille et une préoccupations qui meublent les cœurs et les esprits, au-delà de tous les « agendas » personnels comme collectifs, la fête de Noël a, encore une fois,  imposé son « ordre du jour » : emplettes et cadeaux, guignolées et levées de fonds, invitations et menus pour des repas, rassemblements familiaux, amicaux ou de collègues de travail… Quel tourbillon !  Malgré la sécularisation croissante — et même « galopante », diront certains — de notre société marquée aux coins de l’efficacité, de la productivité et de la consommation, cette fête demeure un repère, un temps d’arrêt dans la course effrénée du temps qui file.

Noël… tout petit mot qui peut de nos jours revêtir différentes significations : fête de l’enfance, fête de l’amour ou de l’amitié, fête de la paix, fête familiale, pause salutaire…etc. Ou qui peut aussi servir de prétextes à moult coutumes ou événements culturels et  sociaux. Mais pour ceux et cellesqui tiennent à renouer avec leurs racines chrétiennes, etcomme l’indique l’étymologie de ce mot hérité du latin « natalis »,puis du vieux français « nael », Noël demeure la fête d’une naissance : celle d’un certain Jésus de Nazareth.

Fallait-il qu’il soit spécial, ce Jésus,  pour que, plus de deux mille ans plus tard, il puisse encore nous arracher à nos « routines » quotidiennes ! Un peu à la manière d’un astre nouveau qui illumine de sa lumière le sens du parcours de notre vie, ici et maintenant, comme, au moment venu, … dans l’au-delà.  Lumière d’amour jaillie du cœur de Dieu, faite chair en cet homme-Jésus, et donnée, tel un inestimable « cadeau », pour que le monde ait la vie…et la vie en plénitude.

Puisse ce temps de Noël nourrir et raffermir notre foi en ce Jésus « vrai Dieu et vrai homme » et nous rappeler qu’il est le don parfait de l’amour de Dieu, un véritable cadeau.  Mais un cadeau à « déballer » et à partager au moyen de tous nos efforts d’aménagement d’un monde plus humain, plus juste, plus compatissant et plus respectueux de la dignité de tout être humain. En ce vulnérable Enfant-Jésus, Dieu nous rappelle que le chemin qui mène à Lui passe inévitablement au cœur de notre condition humaine.

Alain Morin

«Quand ça cloche…»

« Quand ça cloche, c’est qu’il y a quelque chose qui accroche! », aimait répéter le sage du village, toujours à l’affût de la dernière rumeur. C’est encore plus vrai lorsqu’une cloche inerte devient source de…cacophonie.

 Imaginons une cloche silencieuse, oubliée, orpheline de ses assemblées dominicales, solitaire dans son clocher d’église qu’on a fermée au culte et vouée à une nouvelle vocation. Arrive le jour de sa retraite définitive et son inévitable relocalisation dans un lieu plus approprié à son « dernier repos ».

 Et cette cloche qui, depuis plusieurs années, avait apprivoisé un silence imposé, devint, malgré son mutisme, source de sons discordants, de polémiques et de propos attristants. On contesta le site de sa retraite choisi par la Fabrique paroissiale; on en questionna les motivations; on alerta la communauté et les media; on démarra une pétition et on interpella les responsables. 

 À eux de jouer : la balle était dans leur camp. Ce qui se fit sur le champ : interventions personnelles, échanges animés, révision de décision, retrait de « joueurs » blessés dans leurs convictions, élaboration d’une piste de solution,  réunion de concertation …etc.

 Cette histoire de cloche, vécue au cours des trois derniers mois,  c’est celle de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc du Lac-Carré — fermée au culte en mai 2007 et vendue en 2010 — et que la Fabrique de la paroisse Sainte-Trinité avait décidé de placer sur un socle à la devanture de l’église Saint-Faustin. Décision éminemment contestée par une communauté qui se sentait dépouillée du dernier symbole de son patrimoine religieux disséminé et évanoui dans le sillon d’une fusion paroissiale.

 Au-delà de l’apparente banalité de cette histoire, sachons y lire une vérité incontournable : celle du profond attachement de nos communautés paroissiales aux symboles religieux qui perpétuent la mémoire de la foi de leurs aïeux : foi qui fut leur berceau, qui les accompagna et les inspira tout au long de leur croissance et de leur développement.

 Voilà bien une vérité que nous ne devrions jamais perdre de vue en cette période agitée où nous tentons de nous ajuster le mieux possible aux profondes mutations sociales et religieuses qui imprègnent nos communautés et où nous devons consentir à de difficiles regroupements et fusions de paroisses comme à de déchirantes fermetures d’églises.

  Toutes ces décisions et ces projets dépassent infiniment la seule dimension administrative : elles concernent même l’identité religieuse et sociale des individus comme des communautés. Comme le rappellent souvent des indications accolées sur les emballages d’objets délicats :  « Avis aux usagers: manœuvrer avec soin! »

Alain Morin

Temps de vacances… bienfaisantes vacances !

Je ne me rappelle pas avoir déjà entendu ce mot dans la bouche de mes grands-parents, trop occupés qu’ils étaient à …survivre. Comme tant d’autres, la succession des saisons rythmait leur vie et le pendule de leurs préoccupations oscillait entre le travail en forêt, l’hiver, et la culture de la terre, en été. Et tout le reste du temps, pour se préparer à l’une et l’autre saison. Que pouvait bien signifier pour eux cet étrange mot…?

 Au mi-temps de leur vie, mes parents ont pu intégrer ce mot à leur vocabulaire et en faire…l’expérience. En avaient-ils vraiment le choix, lancés qu’ils étaient dans une société de consommation qui vivait ses premiers balbutiements ? Déjà, le rythme de la vie se faisait plus pressant et la nouvelle économie des années ‘60 imposait ses mots d’ordre : productivité, performance, efficacité, satisfaction de la demande…etc Plus particulièrement pour les commerçants comme eux, soucieux de satisfaire cette nouvelle clientèle composée de villégiateurs désireux d’atteindre de nouveaux standards de vie.  Vacances ! Période dorée entre toutes, qu’ils disaient, pour refaire leurs forces après un été de surmenage. Je me rappelle leur mine réjouie au retour de leur première escapade…Nous, les enfants, en avions été les premiers bénéficiaires…

  Quant à nous, sur le seuil de ce vingt-et-unième siècle, que serions-nous, que deviendrions-nous, sans cette période « bénie » ?  Temps pour reprendre son souffle…Temps pour régénérer des énergies dévorées par la multiplicité des tâches…Temps pour rattraper le … temps qu’on a semé à tous vents…temps pour recharger des « batteries » usées par le poids des responsabilités et des préoccupations…temps pour soigner nos « arythmies » de vie…temps pour faire le point au carrefour des voies empruntées et des  impasses rencontrées… temps pour bêcher, fertiliser et ensemencer le terreau de notre jardin intérieur…temps pour retrouver et reconnaître celui ou celle qui porte notre nom et que nous avons toujours identifié à notre « moi »… temps pour jeter vers des êtres aimés des passerelles désertées… temps pour regarder, voir et contempler les merveilles de la création…temps pour accueillir au plus intime de nous-mêmes le Père de toute vie et son Fils, le Prince de la Vie.

 Heureux, heureuses, ceux et celles qui peuvent en bénéficier ou qui sont sur le point de le faire… Ah oui ! Temps de vacances… bienfaisantes vacances…!

Alain Morin

Sortie de crise sociale…

Difficile de passer sous silence les douze dernières semaines marquées au coin de la « grève » des étudiantes et étudiants des collèges et universités du Québec. Plusieurs se souviendront également du nombre record de manifestations qui l’ont accompagnée et des spasmes  de violence qui ont animé plusieurs d’entre elles.  Il y a longtemps que le Québec n’avait connu pareille agitation sociale. À certains égards, on se serait cru transposé dans l’effervescence du climat social de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Et au moment où j’écris ces lignes (8 mai), les associations étudiantes ont commencé de se prononcer sur une « proposition » de sortie de crise  issue d’une ronde intensive de négociation entre leurs représentants et le  gouvernement du Québec.

Je dis bien  « proposition » de sortie de crise car rien n’est moins sur que les étudiants puissent avoir fait quelque gain au terme de cette « grande aventure », si ce n’est l’élargissement du programme de prêts et bourses, ni que l’entente intervenue soit entérinée par la minorité étudiante toujours en grève. Et, pour le moment,  tout nous porte à croire que cette entente sera rejetée au fil des assemblées qui procéderont à la prise de vote. Force est de reconnaître que le gouvernement n’a en rien cédé sur la hausse des frais de scolarité et que la réduction escomptée des frais afférents demeure liée à un hypothétique « dégraissage » des budgets dévolus à l’administration des universités.  Enfin, les déclarations malhabiles du premier ministre et de la ministre de l’éducation, au sortir du marathon de pourparlers, n’ont pas aidé à favoriser un climat de confiance et de conciliation.

Dans ce conflit qui l’opposait au gouvernement, la gent estudiantine partait défavorisée. D’abord par son inexpérience face à du personnel rompu à ce genre de confrontations. De plus,  la seule arme à sa disposition (le « boycott » des cours présenté comme une « grève ») ne pouvait lui assurer un rapport de force susceptible de faire plier le gouvernement et, sur une longue période, devenait contre-productif en entraînant une série de complications administratives, de coûts supplémentaires de même que le risque de l’annulation pure et simple de la session d’hiver. D’autant plus que l’opinion publique, mise à mal par le climat de violence des manifestations et la rigidité des prises de position,  s’est graduellement cristallisée en faveur du gouvernement perçu comme le garant légitime de l’ordre social.

Quoi qu’il en soit du dénouement de cette crise, et des nombreux dommages collatéraux qui en résulteront, des enjeux ont été identifiés et des questions posées auxquelles on devra prêter attention et apporter des éléments de réponses aussi clairs que possible. L’État du Québec peut-il s’engager, à court comme à moyen terme, à  un gel assuré des frais de scolarité à tous les niveaux des études universitaires ? Est-il juste que ceux et celles qui s’investissent dans des études universitaires y contribuent financièrement en relation directe avec l’évolution dans le temps des coûts réels ? Peut-on songer à une modulation des frais de scolarité en lien avec les coûts spécifiques de certaines formations universitaires ? 

Bien sûr, on peut toujours dire que les Évangiles demeurent silencieux à ce  sujet et reconnaissons que Jésus n’a jamais été confronté à de pareilles questions… Mais la recherche du bien commun, une certaine compréhension du partage, de la justice et de la solidarité sociales pressent la société québécoise dans son ensemble, comme les élites sociales et politiques, de s’atteler à cette tâche de clarification. C’est aussi une question de développement intellectuel et économique  d’une société qui s’appuie toujours davantage sur la croissance des divers secteurs du savoir humain.

Alain Morin

L’avenir du réseau des communautés paroissiales du diocèse ?

Dans un article publié le 18 juin 2011, par l’agence « Proximo » de la station « Radio Ville-Marie », on rapportait les propos de Yvon Trouez, professeur d’histoire religieuse de l’Université de Brest (Bretagne), faisant état de la difficulté croissante de l’Église catholique de France de maintenir les services pastoraux et cultuels essentiels à la vie de foi sur l’ensemble du territoire. On pouvait y lire :  « Autrefois très implanté dans la campagne française, le catholicisme français ne peut plus garder sa logique territoriale…Quand des églises ne sont plus ouvertes régulièrement, quand des presbytères sont vendus, quand la présence cléricale disparaît, on prend vite conscience d’un processus d’érosion. »

 Et même si la plupart des diocèses ont procédé à des redéploiements et des regroupements de paroisses, la question demeurait toujours aussi lancinante : « on peut se demander si le catholicisme peut encore se permettre de garder cette logique territoriale, de vouloir couvrir à tout prix l’espace géographique. » Par ailleurs, une note positive se faisait entendre : une reprise d’intérêt pour les réalités de la foi chrétienne dans les grands centres urbains. Se pourrait-il que, dans un avenir pas tellement lointain,  nous soyons confrontés à une situation semblable?  Bien sûr, on pourra toujours objecter que, depuis plusieurs années déjà, l’Église catholique française nous a précédés dans l’expérimentation du sécularisme et de la laïcisation et que la situation du catholicisme québécois diffère nettement de celle de la France. Mais la prise en compte de la réalité ecclésiale vécue sur notre propre  « terrain » diocésain nous oblige à un « second regard ». Quelques indicateurs pointent d’ailleurs en cette direction.

La diminution croissante du nombre de prêtres (22 prêtres à temps plein et à temps partiel assumant les services pastoraux et cultuels dans les 50 églises ou lieux de culte de notre diocèse) et leur moyenne d’âge de 65 ans; les très faibles assistances aux messes dominicales de plusieurs communautés paroissiales; la précarité financière de certaines communautés et fabriques paroissiales; l’âge avancé et l’essoufflement d’un grand nombre de bénévoles impliqués dans l’animation des communautés paroissiales; la difficulté de recrutement d’un personnel d’animation pastorale (agents, agentes, intervenantes) dûment formé; l’absence des jeunes générations dans les réseaux de la vie ecclésiale. 

Voilà autant de « signes des temps » qui suscitent une même interrogation : après la création des secteurs pastoraux, les fusions et regroupements de paroisses, la fermeture et la vente d’églises, pourrons-nous continuer encore longtemps de maintenir intact tout le réseau actuel des communautés paroissiales qui couvrent le territoire de notre diocèse ? Tout nous incite à croire que non. Les années qui viennent devraient nous permettre d’y voir plus clair.

Alain Morin

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