La danse d’accueil d’un nouveau pasteur avec ses paroissiens !

NdikumanaathanaseComme sur une piste de danse, je vous invite aujourd’hui à cette danse d’accueil mutuel. Elle est simple à saisir, car elle se fait en trois temps.

Les deux premiers temps sont dans cette déclaration de Jésus (Mt 10, 40-42) : « Quiconque vous accueille, m’accueille ». Cette parole de Jésus m’engage vis-à-vis de chacun et chacune de vous chers amis. Je vous reçois aujourd’hui, ainsi que pendant toute la durée de la mission avec vous et parmi vous. Ayant fait ce pas de danse d’accueil, la parole de Jésus vous engage aussi vis-à-vis de la personne du pasteur qui vous est présenté. La danse appelle ainsi chaque membre des quatre communautés : à savoir celle de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement de Ferme-Neuve, celle de Sainte-Anne de Sainte-Anne-du-Lac, celle de Saint -Michel de Mont-Saint-Michel et celle de Saint-Paul de Lac-Saint-Paul, à ne pas rester hors de la piste mais plutôt d’entrer dans cette danse. N’oubliez pas que là où deux ou trois sont réunis par la foi, le Seigneur est présent car tous les membres de son Corps sont là.

Ceci nous conduit au troisième temps de notre danse d’accueil. « Accueille-le comme si c’était moi », dit saint Paul à son ami et disciple Philémon. Il s’agit de Onésime, devenu disciple du Christ depuis que Saint Paul l’a accueilli et baptisé en dépit de sa condition d’esclave fugitif. Non pas que quiconque de nous soit Onésime ou Philémon !

L’évêque par contre est en bonne place! En effet, sans lui, nous n’aurions pas pu nous retrouver ensemble pour cette danse d’accueil qui nous mène à poursuivre d’autres sortes danses dans lesquelles la foi chrétienne, la proclamation et la transmission de l’Évangile ne cesseront pas de nous engager. C’est toutes les générations ensemble et surtout en cherchant à intéresser notre jeunesse, gage de l’avenir de la communauté chrétienne et de la société. L’évêque, ici présent a une part indispensable, car il est le berger du troupeau du Christ dans l’ensemble du territoire du diocèse de Mont-Laurier.

C’est donc Mgr Paul Lortie qui a fait les premiers pas de cette danse qu’il nous laisse continuer, mais où il restera présent en communion avec nous et nous avec lui principalement. Ainsi, d’un côté, il m’a abordé pour me proposer cette partie avec les fidèles de la paroisse Notre-Dame-de-la-Lièvre. Après quelques temps de réflexion, j’ai joué la carte de toujours depuis mon ordination, il y a 29 ans passés : la carte de la disponibilité. De l’autre côté, je crois qu’il a sûrement abordé les représentants des paroissiens pour vous convier tous et toutes à entrer dans la danse d’accueil, de foi, de mission, de célébration, de partage, de joyeux et ardents témoins de la charité sous le guide de l’humble nouveau pasteur. Vos cartes, aussi précieuses !

Alors tenons-nous la main dans la main pour avancer sur la vaste piste de l’évangélisation ici chez-nous, sans oublier de porter la mission hors de chez-nous aussi. En réalité, le missionnaire est un disciple du Christ que l’Évangile mène toujours en « sortie ». J’en ai l’expérience à travers mes multiples obédiences dans l’exercice du ministère de prêtre présentement et dans le pays d’origine précédemment. Je suis heureux d’amorcer avec vous cette belle aventure au nom de la foi en Jésus-Christ. Que son Esprit nous éclaire et fasse abonder la joie de l’Évangile dans nos communautés, nos familles et dans chaque résidence humaine de notre milieu.

En guise d’attention à chacune des 4 communautés et à l’ensemble de la population, j’ai allumé, jeudi le 1er septembre à 18 heures, 5 bougies près de la statue de la Ste Vierge Marie-du-Très-St-Sacrement. C’est en priant les uns pour les autres et les uns avec les autres que le Seigneur rendra nos cœurs plus à l’unisson. Que le Seigneur soit béni pour ces moments de joie, d’harmonie et de communion.

Athanase Ndikumana.

La paix : il faut l’avoir, la voir et y croire surtout !

NdikumanaathanaseRécemment, la fusillade au Parlement et l’assassinat des 2 soldats, celui de Richelieu et celui d’Ottawa ont semé le doute sur une réalité précieuse de notre société canadienne : la paix, un trésor qui habite profondément les cœurs, les esprits et les mentalités de la population dans son ensemble. Cette disposition collective et culturelle est le secret qui permet de génération en génération de respirer et transpirer l’air de paix propre à ce pays. Pays qui a su garder dynamique la marque distinctive et exemplaire d’un univers pacifiste multicolore souvent envié par le reste du monde pour le degré admirable d’harmonie sociale qui permet de vivre et laisser vivre, mieux encore de vivre et bâtir coude-à-coude.

La paix, il faut l’avoir comme un préalable à tout épanouissement social intégral. Jésus lui-même n’a rien ménagé y compris le sacrifice de sa propre vie pour avoir la paix et la rendre accessible à l’être humain, à la multitude humaine partout où elle se trouve. Ce qu’on n’a pas, on le reçoit. Voilà le pourquoi de cet «évangile» : Paix à vous; je vous donne la paix, je vous donne ma paix!

L’expérience m’a enseigné que la paix commence d’abord à l’intérieur des gens pour qu’elle devienne alors, la paix entre les gens. Justement pour illustrer cela voici un fait de vie d’il y a une décennie. À la veille de mon départ de mon pays vers le Canada, dans la capitale de mon pays d’origine où la guerre civile faisait rage, des amis avaient voulu organiser un souper d’au revoir. Mais ce soir-là, il y eut une telle pluie de tirs de fusils, de roquettes, d’explosions de grenades et de bombes que chacun est parti en sauve-qui-peut. Ce soir était la somme des journées et des soirées semblables et innombrables. Comme le reste de la population meurtrie par la violence depuis dix ans et plus, je n’avais pas la paix, il n’y avait pas de paix, je ne voyais pas la paix. Par contre, j’ai toujours cru à la paix et surtout j’y crois plus aujourd’hui! Pourquoi?

Quand je suis arrivé à Québec, le premier matin, je voulais faire la visite du Vieux-Québec à pied : petite première sortie aventureuse, seul. J’ai demandé au concierge de la maison hôte : « quelle précaution dois-je prendre en sortant en ville? » Il me dit : «qu’est-ce que tu veux dire?» Je réponds : « y-a-t-il des endroits dangereux, est-ce que il y a de l’insécurité à aller à un endroit ou un autre, ou y-a-t-il des heures où il ne faut pas rester à l’extérieur? » Il a éclaté de rire tout en me disant : « ici tu n’as rien à craindre, tu n’as besoin d’emporter rien sauf peut-être une pièce d’identité. Tu peux sortir à n’importe quelle heure, tu as les clés. Tu rentres quand tu veux. On est en paix ici! »

Il m’a fallu réapprendre à avoir la paix, surtout apprendre à la voir puisqu’elle était présente autour de moi. Après cette expérience initiatique, j’ai su rapidement reconnaître la paix dans les faits. Par exemple j’étais fasciné presque incrédule de voir des habitations nues : les maisons sans murailles et hautes clôtures avec fils barbelés ou fers de lances et portails fortifiés. Simplement la maison accessible à tout venant au moins jusqu’à la porte! Ce qui est encore impensable ailleurs d’où je proviens, car l’insécurité est omniprésente dans l’esprit des gens même dans les moments d’éclaircies aux allures de paix. Le Canada est une demeure de paix, un peuple pacifiste qui encourage les enfants, les jeunes, les adultes dans leurs diversités à promouvoir ensemble un monde planétairement pacifique.

Dès lors qu’on a la paix en soi, elle devient notre intelligence et notre œil intérieur pour la voir et la reconnaître ailleurs, à l’extérieur de nous, chez les autres. Le fait de parvenir à la voir aussi autour de nous permet d’établir le lien indispensable, celui de jeter le pont entre les gens, entre ma paix et celles des autres. La rencontre mutuelle est le lieu pour bâtir notre paix. La paix invite à croire en elle pour l’engendrer chaque jour dans la banalité du quotidien comme dans les grandes entreprises de notre société sur toutes les sphères qui la forment.

L’écorchure de ces derniers jours quoiqu’elle ait fait si mal, je soutiens le message qui nous exhorte à ne « pas céder à l’intimidation ». La foi dans la paix, c’est l’antidote de la peur de l’autre. La foi dans la paix, c’est le levier de la liberté des personnes. Jésus nous dirait : « la vérité vous rendra libres! ». La paix, c’est le bon fruit de nos rapports gracieux.

Athanase Ndikumana

D’une église à proximité à une Église de proximité!

NdikumanaathanasePrès d’un cratère creusé par un accident ferroviaire, j’ai vu une église à proximité. Et quelques jours après, je me suis mis à écrire. Quoique trois mois se soient déjà passés après le tragique fait, ce que j’ai écrit a été multiplié cent fois et plus par d’autres mains de ma région qui ont aussi écrit et qui ont constitué deux paniers : un modeste panier de piastres et un précieux panier de messages d’espérance. Et le 10 octobre dernier, cette «collecte», signe de solidarité de nos communautés chrétiennes, a été portée et remise aux gens de Lac-Mégantic par l’entremise de la mairesse qui mérite d’être appelée la Mère de Lac-Mégantic.

Voici ce que j’écrivais un soir du 18 juillet et que je consignais dans le cahier d’espérance le 19 juillet : « Chers amis, gens de Lac-Mégantic, frères et sœurs paroissiens de Sainte-Agnès, frère curé, pasteur de cette ville désormais présente à jamais dans notre mémoire depuis le 6 juillet 2013, je vous salue respectueusement et courageusement. Et je viens vers vous avec toute la communauté des fidèles de St-Gabriel de Bouchette et tous ceux et celles qui se joignent à nous, alors que nous vous portons de cœur et de prière depuis le dimanche du 7 juillet 2013. Pour avoir vécu des catastrophes aussi crucifiantes, quoique d’un tout autre genre, et comme vous, pour avoir ressenti les bienfaits d’une présence, et surtout de la solidarité humaine et chrétienne : car «personne ne vit pour soi-même et personne ne meurt pour soi-même» nous crie l’homme de Tarse, l’apôtre Paul.

Je vous adresse ces paroles vivantes en communion avec celles des membres de la paroisse de St-Gabriel et tous ceux et celles qui se joindront à nous. Et si j’ai la préséance de vous parler, c’est uniquement le fait que je suis à l’initiative de cet élan de solidarité pour la collecte des messages d’espérance. Alors voici ce que mon cœur vous dit : «Face au cratère creusé au cœur de la ville de Lac-Mégantic se dressait paradoxalement sauve, l’église Ste-Agnès. Un symbole puissant : tout n’est pas anéanti. Il y a de l’espoir. Voilà l’image première que j’ai vue à la T.V. Saisi et remué, subitement j’ai réalisé que c’était samedi. C’était la veille du Jour du Seigneur, dimanche où l’Évangile parle de Jésus faisant la multiplication des disciples de la paix : «Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Paix à cette maison». J’ai frémi en m’imaginant le curé allant tenir l’assemblée des maisons réunies dans cette église-falaise, devant cet abîme effrayant et redoutable. C’était comme si instantanément on vivait l’eschatologie où tout semble préservé, et l’apocalypse où tout est renversé, détruit. Mais…»

 La parole que je vous partage ne vient pas de moi, elle me traverse. Je l’ai reçue moi-même en des circonstances similaires. Elle m’a permis de me relever et d’en relever d’autres. Elle peut, je le crois, avoir de l’effet dans la dure traversée que vous faites. Voici cette parole : «C’est un devoir pour nous les forts, de porter l’infirmité des faibles. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain, en vue du bien pour édifier…Afin que par la persévérance et la consolation apportées par les Écritures, nous possédions l’espérance» (Épître aux Romains 15,1.2.3). L’arbre de l’espérance fleurit et va redonner ses fruits sans tarder. Alors gens de Lac-Mégantic, chers amis, puissiez-vous cueillir abondamment ces fruits d’espérance et d’en semer le grain pour connaître des lendemains de résurrection perpétuelle.

 Une leçon : – À la seule vue d’une église à proximité de l’impact du drame, une autre Église s’est démarquée : à savoir l’Église de proximité où une multitude de frères et de sœurs de diverses communautés, venant de tous les horizons, ont dressé cette échelle montant et descendant,tels les anges sur l’échelle de Jacob, pour venir au chevet du prochain et lui redonner de la vigueur. À l’heure actuelle, l’Église, signe superbe et ostentatoire dans nos milieux, vit une profonde mutation! Pas à cause de la charte en primeur. Personne n’est dupe. Alors serait-ce le temps d’une grâce pour bâtir une Église de proximité où le monde vivrait plus coude à coude, car dépouillé de la guerre des clochers ?

Athanase Ndikumana

Une histoire de bienvenues !

Parfois, il m’arrive de suivre à la TV, des émissions tel que science et fiction, la facture, RDI Santé. La question : «vrai ou faux?» capte toujours mon attention. C’est que l’instant, entre la question et la réponse de l’animateur, permet plus notre participation à la réponse attendue qu’à la question soumise. Ce moment de suspens nous incline vers ce qui s’avérera soit de la vérité et de la réalité, soit de la fausseté, de l’illusion ou de la légende. Les évènements de la vie des personnes, des communautés de tous les univers du monde social sont aussi des «émissions» où la question du «vrai ou faux ?» est fréquemment posée de façons diverses et existentielles. Ces évènements s’appellent des expériences d’individus, de groupes ou de collectivités. À cause de cela, plus d’un dira : Ouais ! Il faut le voir pour le croire, pendant que d’autres répliquent : Mais Oui ! Il faut le croire pour le voir. Un évènement se déroule déjà dans notre territoire diocésain de Mont-Laurier! Je le regarde comme une histoire de bienvenues! Une histoire en deux temps : Un temps personnel vécu; un temps pastoral favorable maintenant.  

A- Premier temps : Une histoire de bienvenue, un temps passé. Je raconte : La faculté de droit canonique de l’Université Saint-Paul à Ottawa offre une bourse sur demande de l’évêque de mon diocèse en 2002. Je suis l’heureux récipiendaire. Serai-je le bénéficiaire pour de vrai ? Car il y a loin de la coupe aux lèvres, selon le dicton. En raison de diverses circonstances liées au visa, le dispositif d’accueil en été 2002 tombe en désuétude. L’octroi tardif du visa demande d’établir un nouveau dispositif d’accueil pour l’été 2003. «Comment cela va-t-il se faire ?», reprenant la question de Marie, celle qui surgit au moment où nous n’avons plus les commandes.  Par l’entremise d’une vieille amitié concitoyenne résidente à Rome et proche du futur archevêque et Cardinal de Québec, le contact par courrier et par courriel aboutit  à l’octroi d’une hospitalité estivale et transitoire. Moi, jamais été au Canada, l’archevêque de Québec qui ne m’a jamais vu et pareil, me dit simplement : «Viens, tu es le bienvenu !» Je n’ai aucun repère pour me guider sauf son téléphone et son fax ! Oui, il faut le croire pour le vivre.  Dans la matinée du 10 juin 2003, mes amis bruxellois, m’embarque dans le TGV Anvers-Aéroport Charles de Gaulles. Des haut-parleurs, j’entends : «bienvenue à bord du TGV Anvers-Aéroport Charles de Gaulles»! À 11 h 30, à qui-mieux-mieux, je finis par embarquer dans Air Canada. Encore une voix : «Bienvenue à Air Canada….Welcome to Canada Air Lines»! Les dés étaient jetés vers un «Viens, tu es le bienvenu»! Après des heures interminables de vol que le service des hôtesses essaie de garnir et d’agrémenter, lorsque fatigue et sommeil n’assoupissent les passagers, nous atterrissons enfin à Montréal E.-Trudeau. Il est 18 h 30, heure locale. J’ai une appréhension, qui va m’accueillir ? Quelle distance entre Montréal et Québec? Aucune idée. Je n’ai pas eu le temps d’entendre la voix : «Bienvenue au Canada…». Mais je vais le lire devant la douane pendant que je montre mes papiers. Je prends la sortie-Exit, je prends mes bagages, rendu dans le hall des arrivées, une pancarte tenue par un monsieur blanc me frappe droit dans les yeux comme les rayons éblouissants de l’aube : «Athanase Ndikumana» ! Levant la main, je les rejoins. «Bienvenu au Canada et à Québec, car l’évêque Marc t’attends» me dit avec un ton familier, l’abbé Lamoureux, économe du Grand Séminaire de Montréal. Après un jus d’orange offert au Séminaire, il me confie à deux séminaristes qui me conduisent à l’autobus pour Québec où je suis attendu, m’annonce-t-il gentiment. On se serre la main, et je repars. Illusion! Je croyais prendre un bus reliant les quartiers d’une même ville! À 0 h 30, arrivée à la station centrale de Québec. Je n’ai aucun repère, je suis mort de fatigue avec un incroyable décalage horaire et ce dans tous les sens. Que faire à cette heure tardive? Prendre un taxi, pourvu qu’il sache où aller par lui seul. Aller dans un hôtel pour attendre le jour ? C’est risquer. Je recours à mon téléphone cellulaire d’usage en Europe, il n’y a pas de réseau! Je me confie au taximan et lui raconte ma situation. Il me prête alors son téléphone en m’indiquant comment faire. Qui appeler? Une seule personne : l’archevêque et à 1 h du matin. Désolé! Quand il décroche, je décline mon nom, et il me dit simplement : «Eh, où es-tu, nous t’attendons depuis longtemps?» «À la station centrale et je ne sais pas où aller, j’ai pris un taxi». Il m’indique les coordonnées (La basilique, puis entrée 2 rue Port-Dauphin), «Bienvenue»!  Les bagages devant la porte de l’archevêché, je sonne à la porte, un homme de belle allure avec un large sourire, en sa tenue de nuit naturellement, m’embrasse, prend mes 2 lourdes valises, se dirige vers la chambre du concierge, le réveille, prend la clé et une des valises pendant que le concierge prend l’autre. On prend l’ascenseur, on se dirige à la chambre 38 du 3ème étage, et au  cœur d’une couronne de fleur accrochée à la porte un mot «Bienvenue»! Cette nuit-là ou ce qu’il en restait, quelques paroles de Jésus ont sonné dans mes oreilles : 1°«Je suis au milieu de vous, comme celui qui sert», juste au fait que ce soit l’archevêque qui fasse la corvée de veilleur, de portier et de porteur pour un simple hôte des terres aussi étranges que lointaines; 2°«Qui vous accueille, m’accueille»; 3°«Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de  ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait». La bienvenue de cette nuit menant vers l’aube du premier jour à Québec fut le début de plusieurs autres histoires de bienvenues comme celle des Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc, celle de l’Université Saint-Paul, celle de Mont-Laurier à travers l’amitié avec feu le chancelier, Christian Clément.Peut-on connaître à l’avance les effets d’une histoire de bienvenues ? Je ne pense pas. Accueillir, c’est laisser venir sans savoir ce qui va advenir. C’est permettre qu’une page d’histoire se poursuive pendant qu’une nouvelle émerge en son sein. Ceci m’a éveillé au changement de pasteur dans notre diocèse, aux célébrations de reconnaissance pour l’émérite et bientôt à celles de l’installation du nouveau. Voilà la fécondité des bienvenues.

B- Deuxième temps : Une histoire de bienvenues. Temps pastoral du présent; une spiritualité de l’exode à vivre à travers un départ et une arrivée.                  

«Venez à l’écart…et reposez-vous». Une bienvenue du Seigneur à ses apôtres pour un temps de tranquillité et de paix après les fatigues et les préoccupations de la mission. Dix ans durant Mgr Vital Massé a semé, a été dans la Vigne du Seigneur de Mont-Laurier. N’est-il pas favorable et mérité, de dire bienvenue au temps de la moisson et de la tranquillité dans son coin familier et familial de Joliette? ! Vivre la spiritualité de l’exode ne sera pas, heureusement, renoncer à ce qui lui était devenu cher ici. Ce sera par contre accueillir la grâce du départ et permettre la grâce de l’arrivée. Pour le vivre, il faut tenir avec Lui, pour risquer l’avenir encore, ensemble mais différemment.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      «Allez donc…faites des disciples…les baptisant…leur apprenant à observer…je suis avec vous…»! Celui qui invite au repos et Le même qui envoie en mission. Encore une histoire de bienvenue, celle de Mgr Paul Lortie, celle du temps de nouvelles semailles. Ensemble mettons-nous à l’ouvrage avec la fraîcheur du nouveau et la sagesse que l’Esprit Saint lui prodiguera, et les forces de la Résurrection pour tous.    

Athanase Ndikumana  

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