Éboueurs et politiciens !

PatryGilbertParmi tous les métiers du monde, j’ai une grande admiration pour ceux et celles qui exercent celui d’éboueurs. Ils ne travaillent pas dans la dentelle, mais ils rendent tellement de bons services à leur communauté. Quand je les vois passer devant chez nous, travaillant dur, souvent à la course, j’aimerais leur serrer la main et les remercier, tant nous ne reconnaissons pas toujours bien leur rôle important dans notre société.

Ces temps-ci, dans une toute autre sphère de notre monde, nous rencontrons des gens qui veulent occuper une place particulière dans cette même société. Qu’est-ce qui poussent donc certaines personnes à vouloir être députés? Certains diront que c’est pour le salaire, encore qu’il faille bien admettre que ce n’est pas toujours le cas. Est-ce alors pour le prestige, le fait de se mettre en évidence dans leur milieu? Y aurait-il chez certains une soif de pouvoir qui est bien mise à l’épreuve quand ils se retrouvent dans l’opposition ou encore en arrière banc, devant se soumettre à la ligne du parti qu’ils représentent, sans pouvoir toujours faire part de leurs propres idées?

Les élus ne sont plus à eux-mêmes. Ils représentent leurs commettants. Ils doivent être partout, courir les événements, se faire proches, mettre une croix sur leur vie privée, se méfier de ce qu’ils disent, ne sachant pas si leurs déclarations seront interprétées d’une manière abusive. Ils doivent développer une certaine carapace afin de se protéger contre les critiques.

Je n’envie pas nos députés, mais je les admire. Il faut, chez eux, un certain sens du service, de l’ouverture aux autres, un dévouement de chaque instant. Je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais je ne voudrais pas être à leur place, tant ce métier, pour ne pas dire cet apostolat, entraîne avec lui des exigences difficiles à vivre chaque jour. Je lève mon chapeau en signe de reconnaissance. Ils le méritent bien. Dans son exhortation apostolique, La joie de l’évangile, le pape François cite : « La politique, tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun. » (p. 142). Que faut-il dire de plus?

Gilbert Patry

Le tatouage, une mode avec adeptes et conséquences!

Vous aurais-je dit que je n’aime pas le tatouage? Je ne comprends certainement rien à cet art corporel qui mérite ses lettres de noblesse, paraît-il.  De mon côté, je trouve cela tout simplement laid, surtout quand c’est toute une partie du corps qui est touchée.

 On pense que le tatouage existe depuis plus de 5 300 ans et dans toutes les parties du monde. Il n’est donc pas étonnant que, ces dernières semaines, surtout en raison de la période des olympiques, nous ayons eu l’occasion d’en voir de toutes sortes. Le fait d’être vêtu pour le sport révélait grandement cette « forme d’art ». On fait alors en sorte que le vêtement dégage les parties tatouées pour que les autres personnes puissent participer à cette manière d’être.  Pour entrer dans ce monde, il faut avoir une vision dans la peau. C’est le cas de dire. Et paraît-il qu’on ne se tourne (presque) plus au passage des tatoué(e)s.

Il me semble, qu’à la longue, quelqu’un doit se trouver, un jour, dans le besoin de faire des changements. Mais ici, il ne s’agit pas seulement de changer de chemise, c’est la peau qui est en cause et les humains ne muent pas comme les serpents. Il est admis que la plupart des tatoué(e)s aimeraient changer d’apparence après 40 ans. L’affaire n’est pas encore facile et les coûts sont exorbitants.

Dernièrement, on constate une demande accrue de tatouage et une tendance a été de se faire tatouer un petit carré rouge. Pour l’instant, c’est sympa. Mais, là-dessus comme ailleurs, les modes passent. On veut bien se faire marquer par le nom d’une personne chère, d’un hibou, d’un démon, d’une tête de mort, d’un oiseau, d’une fleur,  toutes sortes de dessins de plus grande envergure, etc, cela sur l’épaule, les bras, le ventre, le bas du dos, la langue, le « derrière d’oreille », etc,  mais ce n’est pas toujours au goût de la personne après un certain temps. Notez bien que, pour arriver là, il faut avoir plus de 18 ans et signer une décharge légale. Les tatoueurs prennent la chose au sérieux.

Je n’approuve pas pour autant le tatouage de signes religieux comme une croix, par exemple. Jésus nous a invités à porter notre croix, un peu comme si elle était à l’extérieur de nous et comme si, un jour, nous pouvions avoir l’espoir d’en être libérés. Donc,  je n’ai aucune piété à la voir tatouée. Aurais-je besoin, là aussi, d’une conversion?

Gilbert Patry

Que d’argent et pourquoi ?

Une fois la saison de hockey terminée, on croirait bien que la page est tournée pour quelques mois. C’est loin d’être le cas. Il ne se passe pas une journée sans que la section des nouvelles du sport n’active l’affaire. C’est le temps de faire les congédiements, d’engager les nouveaux directeurs généraux, les entraîneurs.

C’est le temps aussi du repêchage, des transactions, des changements de clubs, et surtout de prendre connaissances des nouvelles signatures de contrats. Des sommes très importantes sont accordées tel ou tel joueur. Prenons seulement l’exemple de Sidney Crosby qui vient de signer un contrat de douze ans pour une somme de 104 millions de dollars. Je reconnais qu’il est le plus grand joueur actuel, mais je ne miserais pas fort sur son état de santé. Nous ne pouvons pas lui reprocher d’empocher un salaire faramineux de la part d’un club veut de lui.

Il n’en reste pas moins que cette pluie de millions accordés à des joueurs de hockey, et c’et la même chose dans d’autres sports, me laisse perplexe. Je sais bien que les Romains demandaient des jeux, mais ils exigeaient aussi du pain. Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression que les amateurs veulent avant tout des jeux. Et nous devons nous questionner sur quelles sortes de jeux, tant  les batailles y sont tolérées, demandées ou exigées.

En même temps, pour montrer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous devons demander du pain, c’est-à-dire une plus grande justice sociale, un meilleur partage des biens. Il est certain qu’il faut des riches dans notre société. Il faut aussi savoir qui sont les riches que nous voulons favoriser.

Gilbert Patry

Prêtre de 75 ans

Atteindre l’âge respectable des 75 ans, c’est quand même un passage à faire. Tous les laïcs qui ont exercé une profession ou un métier pour gagner leur vie jouissent alors, pour la très grande majorité d’entre eux, d’une retraite bien méritée, encore que nous les retrouvons dans toutes sortes d’organismes qui profitent de leur expérience, en comptant sur eux comme bénévoles.

Ce n’est pas vraiment la même perspective pour un prêtre. Lors de son ordination, le candidat se fait dire qu’il est prêtre pour l’éternité. Mais il ne peut pas se faire l’illusion qu’il est éternel dans son corps de chair qui subit, peu à peu, la fatigue et la maladie.

 Dans notre Église du Québec, des prêtres de 75 ans, il y en a beaucoup. Plusieurs ont choisi de ne plus accepter de charges pastorales contraignantes, mais ils continuent à rendre de grands services ponctuels, selon leurs capacités. C’est ainsi que plusieurs communautés chrétiennes peuvent se permettre d’avoir régulièrement encore une célébration eucharistique dominicale.

Plusieurs autres prêtres au-delà de leur 75e anniversaire continuent à porter des charges pastorales importantes. Qu’est-ce qui les motivent? Est-ce le fait de vouloir tenir jusqu’au bout, en se basant sur le fait qu’ils aiment encore ce qu’ils font et qu’ils ne se voient pas autrement qu’en exerçant un ministère encore utile et valable de nos jours? Est-ce qu’ils regardent par-dessus leur épaule et qu’ils ne voient pas ceux qui les remplaceront sur la ligne de front? L’inquiétude les tenaille. Ils voient le peuple de Dieu qui a soif de spiritualité et ils se sentent la force et le courage de poursuivre encore un certain temps. Est-ce tenir malgré tout parce qu’ils se sentent toujours appréciés dans ce qu’ils font et dans ce qu’ils sont?

En pensant à tout cela, j’ai en mémoire la situation de Paul qui s’apprête courageusement à faire ses adieux à une communauté qu’il a fondée. Il laisse derrière lui une œuvre inachevée, mais il sait donner des conseils à ceux qui restent pour que ces derniers puissent poursuivre sa mission. Tout en étant conscient de son départ, Paul prie pour eux pour que Dieu leur vienne en aide. C’est ainsi qu’un prêtre de 75 ans comme moi peut se sentir aujourd’hui, en pensant que l’Église de demain ne repose pas uniquement sur ses épaules.

Gilbert Patry

Comme chrétiens et chrétiennes, nous avons encore notre mot à dire!

La nouvelle est sortie le jeudi 22 février. Un même sujet, mais des titres différents. Cyberpresse écrit :  Une commission parlementaire dit oui à « l’aide médicale à la mort » ; Radio-Canada : Commission parlementaire : oui à l’euthanasie, si elle est bien encadrée, comme quoi les choses ne sont pas toutes comprises de la même façon selon que l’accent est mis sur tel ou tel aspect de la question.

 Dans l’esprit de bien des gens, soins palliatifs, euthanasie et suicide assisté veulent à peu près dire la même chose. Ce qui est certain, c’est que cette question est posée régulièrement depuis quelques années. Le gouvernement du Québec a voulu connaître l’opinion des gens d’ici en faisant faire une étude de deux ans sur le droit de « mourir dans la dignité ».

 Une première réaction est que la question était déterminée à l’avance. Cependant, 32 experts en médecine, en droit, en psychologie, en éthique et en sociologie ont été consultés. La Commission a sillonné huit villes du Québec et a reçu 16 000 commentaires de citoyens. Ces audiences ont montré que 99 pour cent des Québécois veulent que les soins palliatifs soient d’abord et avant tout la solution à la question. Les deux tiers des personnes ayant présenté des mémoires rejettent toute introduction de l’euthanasie et du suicide assisté dans le système de santé. Un tiers seulement des personnes entendues par la Commission étaient en faveur de l’euthanasie et à peine deux pour cent en faveur du suicide assisté.

 Il est vrai que sur les 24 propositions de la Commission, les premières proposent les soins palliatifs. Mais il est à se demander si tout est bien compris à ce sujet. On ne parle pas de « suicide assisté » insistent les co-présidentes, parce qu’il faut alors l’intervention d’un proche de la personne en fin de vie. Mais on soulage grandement les médecins qui avaient peur d’en être accusé et deviendraient, sans inquiétude, les instruments de la mise en place de ces recommandations.

 Nous en sommes là dans notre réflexion de société et, comme chrétiens et chrétiennes, nous avons encore notre mot à dire. Comment faire pour empêcher les dérives même si la commission se défend bien de proposer qu’on arrive jusque-là? Chose certaine une image me vient toujours en tête quand tout part sur un bord : il est bien difficile de retenir un roc qui descend de la montagne. Un espoir reste : les travaux de la Commission ne sont qu’une proposition. Un projet de loi doit être présenté dans un an et le gouvernement du Québec n’est pas tenu d’aller dans tous les sens que la Commission propose.

 Gilbert Patry

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