Des repères chrétiens à redécouvrir !

Qui avait-t-il de particulier le 26 juillet? Autrefois, une réponse unanime et enthousiaste aurait jaillie d’un même cœur : la fête de la bonne Sainte Anne! De nos jours, la réponse s’avère bien loin d’un automatisme ancré dans les gênes de nos contemporains. Et qui est sainte Anne? Un simple sondage démontrerait une faible proportion de personnes la désignant comme la grand-mère de Jésus, et encore moins la mère de la Vierge Marie! Et même pour des chrétiens aguerris, je doute que d’aucuns sachent encore que sainte Anne est la patronne principale de la province civile du Québec!

Un jour que je visitais l’une des nombreuses boutiques installées sur le chemin du Roy tout près de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, où s’entassaient des milliers d’objets religieux éclectiques, une cliente me demande : « Cette statuette représente-t-elle saint Joseph? » Je lui réponds sans aucune hésitation : « Mais non, il s’agit de saint Jude! »; « Non, celle-là, c’est saint Antoine de Padoue!»; « Non, ce n’est pas encore celle-ci, il s’agit de saint Roch avec son chien! »… Et une longue rangée de figurines aux couleurs et aux formes diverses plus ou moins d’un goût douteux, me fit réciter devant la dame une litanie identifiant saint Pérégrin, saint François d’Assise, saint Jean-Paul II, saint Padre Pio, saint Curé d’Ars, saint Jean Bosco, et cela, sans compter toutes les figures féminines! Il fallut l’aide ultime du caissier qui nous informa que saint Joseph était en rupture de stock! Je conseillai donc à la dame d’aller visiter une autre boutique pour y dénicher le saint qu’elle cherchait désespérément. Cependant, après avoir démontré ma « culture » religieuse, la pèlerine me dit : « Vous êtes sûrement un curé pour connaître ainsi tous les saints! Mais surtout vous avez un de ces sourires qui touche le cœur!»

Croyez-le ou non, même le titre de « curé » ou de « prêtre » apparaît parfois comme un grand mystère. Un jour, une adolescente qui m’interrogeait pour un travail de classe, me demanda: « Vous me dites que vous êtes prêtre. Mais qu’est-ce qu’un prêtre? Quel est ce métier?», et je n’étais pas au-dessus de mes peines, quelques instants plus tard, elle me questionnait pour savoir à quoi pouvait bien servir l’armoire mystérieuse qui trônait sur l’une des tables de la chapelle!

En fait, la culture religieuse populaire connaît une chute sans précédent depuis quelques années au Québec… Je ne rapporte que des faits que j’ai observé, et ce bref portrait n’est que la pointe de l’iceberg, qui me semble aussi volumineux que le morceau de glace qui vient de se séparer de l’Antarctique ces dernières semaines… Entre une statue de Jésus crucifié ou sous forme de ressuscité, un Sacré-Cœur, ou l’image de Jésus miséricordieux : on ne distingue plus s’il s’agit de figurines montrant la même personne! Même réalité quant aux diverses icônes mariales.

Il est indéniable que nous vivons une époque charnière de sécularisation. Et cela explique en partie pourquoi les chrétiens qui ne sont plus enracinés dans leur être profond peuvent se sentir incompétents, menacés ou désabusés devant l’apparition d’autres religions ou courants religieux. Le danger subsiste aussi de tout mêler, de mettre tout sur le même pied ou encore faire une sorte de magasinage qu’on dénomme syncrétisme religieux. Saint Jude me dépanne en telle situation et Bouddha m’offre l’octuple chemin de la sérénité!

Quelle est ma position, ou plutôt ma réaction, comme prêtre catholique, devant ce nouveau paradigme? Je vous avoue, en premier lieu, bien que cela puisse paraître surprenant, ne pas me sentir déstabilisé dans ma foi au Christ mort et ressuscité. Plus que jamais, mon adhésion à Jésus qui enveloppe et donne du sens à toute ma vie demeure plus dynamique que jamais. Je ne suis pas naïf par contre. Je discerne que ma mission en ces terres humaines affamées et assoiffées de spiritualité, d’un souffle neuf et surtout en recherche de sens et de bonheur, s’avère celle-ci : être tout simplement un témoin humain (et sacramentel par la grâce du sacerdoce) plus authentique du Dieu Père révélé par Jésus et qui respire en chaque être humain par son Esprit. C’est annoncer l’essentiel de l’Évangile : l’avènement du Royaume de Dieu! Dans l’étalage de la boutique aux nombreux souvenirs hétéroclites de Beaupré, j’ai su être juste moi-même avec la dame qui m’avait interpellé, démontrant une attitude d’accueil, de respect et de bienveillance, comme Jésus. Je ne me suis pas moqué d’elle : « Quoi, vous ne reconnaissez pas saint Joseph? »… Rappelez-vous que les appareils photos n’existaient pas à l’époque! Oui, je crois qu’il faut prendre les choses avec un peu d’humour et de réalisme. Dans les années 1960, beaucoup ont rejeté l’Église pour diverses raisons, et encore aujourd’hui, malheureusement, suite aux scandales et à la non-transparence de l’institution Église, certains claquent la porte. D’aucuns par contre sont en véritable cheminement, en quête de la vérité. Chaque époque, depuis Jésus, a eu ses hauts et ses bas. Sommes-nous pires ou moins pires qu’au Moyen-Âge? Je ne le crois pas. Il y a encore une grande partie de l’humanité qu’on peut désigner comme les hommes et les femmes de bonne volonté que Dieu aime dans sa miséricorde.

C’est la période estivale… De plus en plus, les guides de voyage présentent les sites religieux ou spirituels comme des attraits à découvrir. Le tourisme s’avère une avenue d’évangélisation parmi d’autres. Nos communautés chrétiennes accueillent aussi, à cette époque, à l’occasion des messes dominicales, des mariages, des baptêmes ou des funérailles, des tas de chrétiens qui ne fréquentent plus l’église. Comment les accueillons-nous? Comment leur donnons-nous le goût de rencontrer ou de redécouvrir le Christ dans ses témoins, sa Parole et ses sacrements? Si la célébration est bâclée, nous venons de manquer le bateau! Les jeunes générations recherchent l’authenticité. On me dit souvent lorsque je préside l’eucharistie : « Tu as l’air de croire, toi, en ce que tu fais… Tu sembles habité d’une présence quand tu célèbres… On te sent calme et en prière… Les mots de ton homélie m’ont rejoint…  J’ai l’impression d’avoir prié et vécu la messe! »…

De toute façon, dites-vous que ce n’est pas la fin du monde si vous ne saviez pas que sainte Anne est la patronne de la province civile de Québec… Ni si vous ne reconnaissez pas saint Joseph parmi les innombrables statues de plastique ou de plâtre… Ce qui compte, c’est l’authenticité avec laquelle nous vivons notre foi, notre espérance et notre amour pour Jésus et pour notre prochain. Je demeure convaincu que c’est ainsi que les gens retrouveront l’adresse des repères chrétiens dans leur vie… « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples. » (Jean 13, 35)

Michel Lafontaine

25 ans de prêtrise: Credo sacerdotal !

Le mariage des époux est consommé dans l’amour… Un amour appelé à durer puisqu’il se définit sacrement de l’Amour de Dieu pour les époux eux-mêmes et l’humanité. Le prêtre devient lui aussi sacrement de l’Amour, après avoir été consumé par l’Amour trinitaire. «M’aimes-tu? M’aimes-tu vraiment? Est-ce que tu m’aimes?» «Mais oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime!» «Sois le pasteur de mes brebis!» Ces paroles du dernier chapitre 21 de saint Jean sont gravées non seulement sous mon calice doré, leg de mon défunt oncle l’abbé René Brault, mais elles sont inscrites en lettres de chair sur mon cœur et dans tout mon être! Quel mariage! Depuis 25 ans, jubilé d’argent, je suis consumé par l’Amour: “Amour pour Amour, jusqu’on don de soi-même/ S’offrir sans retour/ Est-il plus beau «je t’aime»?(chant de Robert Lebel).

Depuis les débuts de l’Église, c’est par l’imposition des mains par l’évêque, après une longue prière de consécration, qu’un nouveau prêtre advient. Comme la Vierge Marie, “l’Esprit me couvre de son ombre; me voici porteur de ton mystère”, dit un autre chant. C’est ce qu’écrit saint Jean-Paul II: «La première fidélité demandée à un prêtre est de continuer de croire à son propre mystère.» Ce mystère est celui de l’Amour. Un simple homme, par la grâce divine, devient signe et présence de Dieu appelé dans la bible: “Je suis Celui qui Suis”, “le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob” et celui que le Christ Jésus appellera familièrement “Abba!”, et dont il manifestera la bienveillance et la miséricorde dans ses actes et ses paroles.

Le prêtre devient, comme le dit saint Paul dans son discours aux anciens de Milet, ministre de l’Évangile de la grâce, qui signifie la Bonne Nouvelle du salut. J’aime beaucoup ce passage des Actes des Apôtres, chapitre 20, où l’Apôtres des Nations explicite, dans un testament spirituel, comment il a servi le Seigneur «dans les larmes et au milieu des épreuves», sans jamais rien négliger… Le terme “servir” utilisé ici ne désigne pas le service diaconal. «En effet, le verbe grec n’est pas diakoneuo, mais douleuo (“servir en esclave”)» (1). Mais attention, un service d’esclave qui aime son Maître: sa relation à Dieu est totalisante. Je suis tout entier au Seigneur, je lui appartiens dans toute ma personne! Dans l’Épitre aux Éphésiens (3,12), saint Paul ajoute qu’il a «été saisi par le Christ»… Et il a prêché, enseigné et exhorté les communautés chrétiennes dans ce don total de lui-même par amour. “Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime!”.

Dans une lettre pastorale du cardinal Godfred Danneels, Messagers de la Joie (1990), ce dernier exhorte ses diocésains à dire aux prêtres ce qu’ils attendent d’eux. «Demandez-nous d’être des ‘hommes de Dieu’. (…) Demandez-nous de rechercher sans nous lasser la sainteté. (…) Que nous proclamions l’Évangile sans la falsifier et sans concession. (…) Demandez-nous les sacrements et un cœur qui soit à l’unisson avec tout ce qui est bon et beau, mais aussi avec toutes les souffrances. (…) Demandez-nous de ne pas rester à l’écart. Demandez qu’en missionnaires et évangélisateurs, nous sortions aussi du cercle intime des familiers dans la foi…» (déjà, bien auparavant, une expression familière du pape François).

Tout comme le sacrement du mariage est exigeant pour les époux, il en est de même du sacrement de l’ordre pour celui qui a reçu cet appel. Cette exigence, au fond, vient du baptême où nous avons été oints et reconnus comme fils et filles bien-aimés de Dieu. Vivre en fidèles et dignes enfants du Père demande cette même fidélité et le même amour, que Jésus aussi a vécu pour sa mission, devenu semblable à nous dans notre humanité. Sauf le péché!

Ne croyez pas que je suis un SuperMan. Depuis mon “oui” du 14 juin 1992, mon corps, mon esprit, tout mon être ont été consumés par l’amour, pas le mien, mais celui du Dieu de l’Évangile de la grâce. Mon corps quinquagénaire ressent quelques courbatures après ces 25 ans. Mais je continue de croire! Oui!

Pour ces souffrances consenties à travers ma santé fragile, pour cet abattement devant qui il en coûte, pour toutes les épreuves au travers de ma route, pour cette confiance en moi lorsque je doute… Je crois en toi! Pour cette exaltation à servir mieux mon roi, pour l’eau du baptême sur l’enfant qui vagit, pour ce couple amoureux que par moi tu unis, pour tous les moribonds que je mène à la vie… Je crois en toi! Pour mes mains consacrées sur le pain et le vin, viatique d’espoir pour qui a soif et faim, pour ta sainte présence au tabernacle saint… Je crois en toi! Pour ma mère l’Église, ma joie, mon refuge, pour mes bras élevés vers l’amour qui ne juge, pour ces trois “oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais!… Je crois en toi! Je crois en toi! Je crois en toi, mon sacerdoce, lié dans l’amour au Coeur du Bon Pasteur! (2)

Amour pour Amour!/ Tendresse pour tendresse…/ S’offrir sans retour/ Tant que l’amour nous blesse!(Robert Lebel).

Michel Lafontaine

1-Cardinal Carlo Maria Martini, Prêtres, quelques années après, Cerf, 1992, p.68.

2-Texte librement inspiré des strophes du Credo sacerdotal, par André Bisaillon, Prier la Vie, Novalis, 2011, p. 51ss.

« L’accompagnement spirituel jusqu’à l’euthanasie » !

Ces mots constituent le sous-titre de Vous me coucherez nu sur la terre nue (Éd. Albin Michel, 2015), ouvrage de Gabriel Ringlet, écrivain, prêtre et théologien, qui témoigne de son expérience en soins spirituels dans un centre pour malades en phase palliative en Belgique. Le titre principal est en fait une citation de saint François d’Assise qui confiait son souhait de reposer un moment “nu sur la terre nue”, à l’approche de sa mort… afin d’apprivoiser Sœur la Mort corporelle. Saint François manifeste le besoin de vivre comme un rituel, une sorte de célébration “de la vie” au moment de quitter Frère le Corps.

Au moment de lire ces lignes, vous éprouverez peut-être le besoin de ne pas aller plus loin. En voici un de plus qui veut nous parler de l’euthanasie, de l’aide médicale à mourir, et d’argumenter pour ou contre cette alternative comme beaucoup de personnes le font présentement… Ce sujet suscite son lot de controverses, et il “juste et bon”, je dirais, de réfléchir sur le besoin exprimé par des personnes précises de clore « ici et aujourd’hui » une vie ou une existence souffrantes, au plan individuel; et aussi, d’évaluer également les impacts d’une telle décision dans l’espace public et sur une plus vaste portion de notre humanité. L’Église exerce à bon droit son rôle de modératrice dans ce débat.

Or, l’objet de ma réflexion est inspiré par mon expérience « sur le terrain » en tant qu’intervenant en soins spirituels en établissement hospitalier de soins de longue et courte durée. J’ai été confronté, comme mes pairs, et aussi les autres professionnels de la santé, à la requête précise exprimée un jour par un patient de jouir légalement de ce droit de l’aide médicale à mourir…

Les propos de Gabriel Ringlet m’ont réconforté en telle situation: « Si on m’avait dit un jour que l’accompagnement de la mort et l’engagement en soins palliatifs me conduiraient “jusque-là” ! Imaginez un peu, voilà des années que je chante la fragilité, des années que j’invite à accueillir la précarité, habité par la certitude qu’une vie reste grande jusqu’au cœur de sa dégradation la plus insupportable – l’Évangile m’est un socle sur ce terrain-là. Cependant, la défense de la vie la plus ténue ne m’autorise pas à passer sous silence les situations d’impasse. La première exigence éthique consiste à le reconnaître. Il arrive, oui, qu’une muraille soit infranchissable, et qu’alors, en conscience, je sois confronté à la question de l’euthanasie.» (p. 117).

Ainsi, un matin, je fus interpellé par un patient en phase terminale que j’accompagnais depuis quelques plusieurs jours déjà. Un patient “pratiquant” catholique, qui avec, son épouse et ses enfants, m’ont demandé très tôt de célébrer l’onction des malades. La semaine suivante, le patient m’invite, en toute simplicité, comme saint François qui avait fait son testament de “reposer nu sur la terre nue”, de l’accompagner dans la mort, tel jour, telle heure… Comme tout intervenant du système de santé, j’aurais pu me retirer, pour respecter ma conscience. En de telles circonstances, comme le dit le pape François, sur un tout autre sujet, « Qui suis-je pour juger? »

Mais j’étais pris comme entre deux gravités, entre deux impasses: transgresser Tu ne tueras point, et continuer d’être pour ce patient l’image de Jésus miséricordieux qui ne juge pas et qui aime d’un amour inconditionnel. Ringlet affirme: « cette philosophie de vie m’accompagne depuis longtemps – il propose d’oser accueillir le tragique de l’existence. (…) Face à une demande d’euthanasie, ne pas refuser le tragique de l’existence cela veut dire concession au réel tel qu’il s’impose à moi et être donc, peut-être, moralement obligé de dépasser la frontière entre le permis et le défendu. L’interdit du meurtre ne me permet pas de pratiquer l’euthanasie, mais l’appel au secours d’un frère ou d’une sœur en humanité me conduit quand même à poser l’acte en l’absence d’alternative valable.» (p. 134)

Cette situation me rappelle l’époque, où à l’hôpital Sainte-Justine, j’accompagnais des parents dans l’impasse de choisir la vie ou l’arrêt de vie en cas de grossesses problématiques au plan médical… Je surnommais mon accompagnement, en de tels cas, de “pastorale de dentelles”, où les mots, les silences, les regards, l’attitude se devaient de refléter l’inconciliable entre le non jugement et l’amour inconditionnel. Qu’est-ce que le Christ aurait dit ou fait à ma place?

Je termine cette trop courte réflexion sur un sujet si grave en étant conscient que vous ne serez pas tous d’accord avec l’attitude pastorale que j’ai choisie. D’ailleurs, le patient qui avait requis en toute sérénité ma présence lors de son “départ préparé” avait eu droit, la veille, aux semonces “charitables” d’une chrétienne convaincue. Mais la lecture, plus tard, du livre de Gabriel Ringlet m’a conforté. Non seulement dans le besoin éventuel de créer un certain rituel pour accompagner des personnes qui choisissent l’aide médicale à mourir (ce pourrait être le sujet d’un autre blogue). Mais il est important aussi de réaliser que « malgré la transgression et à travers elle, l’acte posé fasse advenir quelque chose qui le dépasse. Même dans la lumière de l’accompagnement, l’euthanasie est un combat de nuit. Comme Jacob au gué de Yabboq (Genèse 32, 23-31). (…) Désormais, je vais devoir marcher, plus grand et plus vivant j’espère, mais blessé à la hanche.» (p. 136).

Pour conclure ce blogue, j’ai appris que le patient est décédé naturellement deux jours avant la date choisie. Sa requête a néanmoins suscité une réflexion saine et pertinente sur un sujet éthique difficile. Que ce malade puisse maintenant, comme saint François, reposer en paix “sur la terre nue”.

Michel Lafontaine

Dans le cadre de la Journée mondiales des malades le 11 février 2017 : Toucher thérapeutique… spirituel!

lafontainemichelJe m’adresse d’abord à vous Messieurs, non pas par sexisme, mais parce qu’il s’agit d’une matière absolument masculine : il vous est recommandé, autour de la cinquantaine, d’avoir un toucher, euh, disons thérapeutique, pour l’exprimer en termes pudiques, par votre médecin, pour prévenir le cancer de la prostate!

Vous voilà rassurées, Mesdames! Mais soyez confiants! Je ne transformerai pas, dans cette réflexion, ce toucher «thérapeutique» en symbolique spirituelle, tout de même! Il s’agit d’une réalité biologique, qui n’a rien à voir avec la spiritualité, sauf le fait de croire en nos professionnels de la santé que ce toucher préventif s’avère une bonne habitude à prendre pour demeurer en santé!

En ce qui concerne les soins physiques de la personne, en effet, le toucher, par le bout des doigts ou par la main entière, demeure une réalité normale, appropriée et c’est pourquoi nous acceptons de nous laisser toucher, même si cela nous plaît ou non, pour diverses raisons. Certaines personnes ont une sainte horreur qu’on les touche! Nous ne fermons pas les yeux sur les touchers qui assassinent… Néanmoins, le toucher médical accompli dans un contexte professionnel est positif et sert la vie.

Mais j’en viens à mon sujet à proprement dit… Comment qualifie-t-on le toucher dans les soins spirituels? Le toucher demeure, pour une part, un véritable contact physique : prendre la main, ou la déposer sur une épaule… Cependant, le toucher peut aussi acquérir une dimension plus symbolique… Par exemple, on peut toucher le cœur de quelqu’un par une parole appropriée, un mot de réconfort, d’encouragement, d’entraide, de compassion. Et ces deux types de touchers sont non seulement physique et spirituel, mais ils acquièrent par le fait même une dimension thérapeutique, car ces touchers font du bien, ces touchers restaurent quelque chose de brisé que l’on répare… Ils aident à retrouver la santé, ou du moins à se sentir mieux pendant quelques brefs instants ou une période prolongée.

Je pense à ce qui se passe, lorsque je célèbre l’onction des malades. Je touche avec l’huile bénie le front et les deux mains du patient, ce geste accompagné d’une parole rituelle, et chaque fois le «miracle» se reproduit… La personne malade semble s’apaiser… et même les proches qui sont présents se sentent « touchés» en leur être, sans qu’un frôlement, les touche physiquement!

Ce que je suis en train de démontrer n’est pas nouveau. La littérature médicale et théologique l’a déjà démontré plus d’une fois. Mais il est judicieux d’en reprendre conscience, à l’occasion de la Journée mondiale des personnes malades qui aura lieu le 11 février prochain. Cet événement instauré par le pape Jean-Paul II en 1992, nous aide à nous rappeler combien il est important d’être près de nos malades, de les toucher de notre présence, de notre affection, de notre amour. De réaliser aussi l’importance des soins médicaux prodigués dans une vision globale de la personne humaine. On ne soigne pas seulement un membre blessé, mais une « âme », un être « souffrant » dans son corps, et sûrement aussi à des niveaux insoupçonnés. La vie laisse des marques souffrantes sur divers plans : psychologique, physique, spirituel…

Les religions ont toutes créées des rituels de guérison, de libération, de « toucher » thérapeutique, et le christianisme n’y échappe pas. Au plafond de la chapelle Sixtine à Rome, une fresque évoque la création d’Adam : Dieu tend le bras vers l’homme qui, de sa main tendue, cherche à toucher son Créateur. Et en Jésus, Dieu a fait plus que nous tendre la main. Il est descendu vers l’être humain, il s’est fait homme. Il a littéralement touché (avec ses mains, ses doigts, ses paroles, son regard…) les malades qu’on lui apportait en grand nombre. Jésus avait un toucher de compassion pour les malades, les aveugles, les sourds, les muets, les paralysés, les lépreux… Il a touché le brancard où reposait un enfant mort, le fils unique d’une veuve, qu’il relève et remet à sa mère (Luc 7, 14).

Cette main qui a fondé la terre (cf. Isaïe 48, 13) a aussi créé l’être humain : «Tes mains m’ont formé et m’ont façonné… comme de l’argile», s’écrit Job (10, 8-9). Et elle continue de nous secourir, de nous délivrer… Jésus nous tend la main par celle des disciples qui ont à cœur la parole de Jésus : «c’est moi que vous avez visité» (Matthieu 25, 36), lorsqu’ils se déplacent pour « toucher » le cœur de leur frère ou de leur sœur malade. Jésus touche et se laisse toucher : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même! Touchez-moi et voyez…!» (Luc 24, 38-40). Le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus est la preuve indélébile de son amour. Soyons des témoins de cet amour lorsque nous prenons soins des malades, que nous les visitons, que nous les touchons de nos mains, de nos caresses et surtout de notre présence. Une présence humaine qui prend soin et devient Présence de l’Autre qui touche et qui guérit.

Lors de votre prochaine visite chez le médecin, pensez à cela lorsque ce dernier vous « touchera » une partie du corps… Un toucher thérapeutique qui peut, à l’occasion, se revêtir d’une connotation toute spirituelle! Le pape François écrivait d’ailleurs ces derniers jours : « Jésus est avec les malades, avec ceux qui ont des problèmes. Et c’est vrai. Je sais que quand on souffre, quand il y a des problèmes, c’est difficile à comprendre mais il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de sentir, de sentir les caresses de Jésus. Seulement cela. Et cela console. » (lors d’une visite des malades à la paroisse romaine Sainte-Marie à Setteville de Guidonia, le dimanche 15 janvier 2017).

Bonne Journée mondiale des malades 2017!

Michel Lafontaine

La laïque laïcité s’envole ! Vive la neutre neutralité : projet de loi 62!

lafontainemichelNos cousins français, qui vivent dans une république laïque, ont célébré le 1er novembre dernier, la fête très chômée de la Toussaint, comme ils le font aussi pour d’autres fêtes très « chrétiennes » comme l’Ascension ou l’Assomption! Pendant ce temps, au Québec, l’étude du projet de loi 62, mis de l’avant en juin 2015, est à l’ordre du jour. Au cours des prochaines semaines, nous serons interpellés par les médias et nos élus sur la fameuse « laïcité » de l’appareil gouvernemental.

Or, surprise ! Aucun mot sur la laïcité dans dit projet de loi proprement dit, du moins dans le corpus du texte ! La laïque laïcité s’envole pour donner place à la neutre neutralité ! Peut-être cette prise de position est-elle légitime ? Car, en religion, « laïc » signifie « qui n’appartient au clergé ». Dans l’Église, le Peuple de Dieu est partagé entre les laïcs et les ecclésiastiques ! On peut aussi donner une autre définition au mot laïc : « qui est indépendant de toute confession religieuse », ce qui signifie qu’une personne laïque n’est pas religieuse ! En France, la laïcité exprime ainsi la nette séparation entre ce qui appartient au domaine religieux et au domaine civil.

Je vous avoue que, sur un sujet aussi sensible, je ne suis pas fâché par le fait qu’on préfère orienter la discussion et les débats publics en parlant de « neutralité ». Le texte législatif débute ainsi : « Considérant la neutralité religieuse de l’État, la présente loi a pour objet d’établir des mesures visant à en favoriser le respect. À cette fin, elle impose notamment aux membres du personnel des organismes publics le devoir de neutralité religieuse dans l’exercice de leurs fonctions ». Or, tout au long des 6 chapitres, divisés en 18 articles, la loi 62 fait silence sur tous les signes religieux (y compris le crucifix de l’Assemblée Nationale), insiste sur le fait d’être à « visage découvert » lors de la prestation de service, et entend ne pas légiférer sur les « éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec (y compris le religieux). Ainsi, il n’est pas question de « débaptiser », par exemple, le nom du Centre hospitalier de « l’Hôtel-Dieu » de Saint-Jérôme !

J’ai été embauché récemment comme intervenant en soins spirituels (aumônier) à l’Hôpital de Rivière-Rouge du CISSS des Laurentides. Rappelons que nos établissements de santé, comme nos écoles publiques, relèvent entièrement du gouvernement. Depuis longtemps, l’Église n’a plus son mot à dire dans l’administration de ces institutions. Même pour les services des soins spirituels, comme on les appelle maintenant depuis une dizaine d’années dans les milieux publics de santé. Mon « patron » n’est pas l’évêque du diocèse, pour ainsi dire, mais plutôt le gouvernement qui me paie mon salaire. Mais le fait d’être « fonctionnaire » n’enlève rien au fait que je suis un « vrai » prêtre. Donc, un membre du clergé, appelé en milieu public, à ne pas « convertir » les gens, mais à les accompagner au plan spirituel et religieux, avec grand respect, dans l’épreuve qu’ils traversent (voir note 1). J’ai œuvré depuis près de 20 ans au CHUM, au CHU Sainte-Justine, au CSSS Sud-Ouest Verdun, et je me faisais un point d’honneur, même comme prêtre, de ne pas porter de signes religieux dans ces institutions publiques. Non pas parce que j’étais gêné ou honteux, ou voulais cacher ma religion ou mon sacerdoce, mais par respect des personnes hospitalisées dans ces établissements, venant de tous horizons et de toutes cultures, particulièrement en milieu urbain.

Cependant, avec le temps, ma notion de respect a progressé. Cette fois-ci, lorsque j’ai été engagé à l’Hôpital de Rivière-Rouge, j’ai décidé de porter une petite croix. Non pas ostentatoire. Délicate, discrète, du même modèle de l’artiste Devele que porte le Saint-Père. On y aperçoit le Bon Pasteur tenant une brebis sur ses épaules. Il faut dire que les populations de nos régions se révèlent plus homogènes que les milieux urbains au plan culturel et religieux. Et j’affirme ne pas manquer de respect pour ceux et celles que je dessers dans le domaine spirituel et religieux en portant délibérément cette petite croix. J’ai croisé à maintes reprises des professionnels de la santé portant un voile, comme nos religieuses autrefois, et je constate que présentement, dans le gouvernement Trudeau, qu’il y a un ministre important qui porte son turban sans offenser qui que ce soit.

J’ai accompagné de très près, des dizaines de familles musulmanes, juives, ou « sans religion », mais qui trouvaient dans leur spiritualité (leurs valeurs, leurs croyances) des mots et un sens aux maux qu’ils vivaient. Je crois que le respect de l’autre passe aussi par le respect de mes propres valeurs. Le respect de la spiritualité de mes patients m’amène à respecter mes propres croyances. Je me réjouis que le projet de loi 62 ne tombe pas dans le piège des « détails », mais demeure neutre, pour laisser place, comme en France, au respect, même d’un patrimoine culturel ou religieux.

Je termine par ces mots : la croix que je porte au cou, discrètement, mais sûrement, interpelle tout autant la clientèle hospitalisée que les professionnels soignants. Presque chaque jour, un patient ose palper ou saisir cette croix. Une dame qui hospitalisait son mari pour le « placer », me disait en touchant ma croix : « Moi et mon mari, ne sommes pas pratiquants, mais vous savez, nous sommes croyants! »Le projet de loi étant silencieux sur les signes, peut-être cela me permet-il de moins paraître hors la loi, mais les accommodements raisonnables n’existent pas, justement, pour les partisans d’un seul bord. D’autant plus, que dans son préambule, le projet de loi « prévoit que ce devoir ne s’applique pas aux membres du personnel qui, dans certains organismes, offrent des services d’animation spirituelle ou sont chargés de dispenser un enseignement de nature religieuse ». La loi me donne raison en quelque sorte. Mais n’oublions pas que le respect doit se vivre dans tous les camps. Suis-je trop large d’esprit? Qu’en pensez-vous?

Michel Lafontaine

Note 1 : Il est important de préciser que je n’ai pas été embauché en qualité de « prêtre », mais pour mes qualifications (études et stages) et ma longue expérience en soins spirituels. Le fait d’être prêtre n’est pas requis pour le titre d’emploi comme intervenant en soins spirituels. Ce n’est qu’un « plus » à l’emploi, non négligeable, car je peux ainsi célébrer les sacrements de rite catholique.

 

L’aide spirituelle à mourir !

lafontainemichelAu cours d’un près d’un quart de siècle de ministère sacerdotal, je dois avouer que j’ai aidé des centaines de personnes à mourir. Tout particulièrement lorsque j’ai exercé mon ministère pastoral auprès des personnes malades, à titre d’intervenant en soins spirituels, qu’on appelle encore largement en Europe, « aumônier » d’hôpital ou de résidences de soins de longue durée.

Oui, vous avez bien lu. J’ai aidé volontairement des personnes à mourir, soit à leur demande personnelle ou à partir d’un appel des membres de la famille. (Merci de conserver cette information confidentielle, car je pourrais terminer mes jours en prison ou par injection intraveineuse judiciaire… )

En une seule matinée, à l’Hôpital Notre-Dame (CHUM), et je dis la vérité, pas moins de quatre patients sont décédés tandis que je leur tenais la main! J’étais « aumônier » de garde, et la pagette vibrait pour m’indiquer les malades qui avaient besoin d’assistance d’un « prêtre », sans trop de précisions. Pour l’onction de l’extrémité, pour une prière, une bénédiction,  du réconfort, ou une présence humaine signe d’une autre Présence? Je ne savais pas à l’avance ce qui m’attendait en pénétrant dans la chambre d’une personne agonisante entourée de quelques membres de la famille… Cette matinée en question, je fus donc appelé à intervenir surtout pour des personnes âgées en phase terminale. La plupart consciente, puisque je pouvais leur parler tout doucement à leur oreille, prendre la main, si celle-ci ne se retirait pas brusquement, caresser le dessus du front et, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, adresser quelques douces paroles apaisantes à la personne qui se «retenait» de mourir, je crois : « Bonjour monsieur X, je suis Michel, le prêtre de l’hôpital… N’ayez pas peur, vous n’êtes pas seul…Votre épouse, vos enfants sont là près de vous… Ils vous aiment et vous les aimez… Soyez tranquilles pour eux, ils sont prêts à ce que vous vous laissiez aller dans la paix de Jésus… Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur, mon esprit, et ma vie… Je vous salue Marie… Notre Père… » Ces paroles s’exprimaient parfois à voix très discrète au creux de l’oreille, ou je regardais un membre de la famille… Est-ce qu’il entend bien?… Sinon, je parlais distinctement, posément. Parfois aussi, je célébrais dans une sobre simplicité solennelle le sacrement de l’onction des malades… L’imposition de la main, l’onction d’huile… Le Notre Père avec la famille réunie autour du lit se tenant par la main…

Et tout à coup… les yeux du malade se ferment ou restent ouverts, et tenant toujours sa main, voilà qu’il effectue «le grand passage»… Un silence s’installe. Paix. Calme. Délivrance. Fin de la souffrance et de la douleur. Alors, les membres de la famille, qui n’en pouvaient plus de voir partir leur être aimé, sans toutefois désirer sa mort, me remercient littéralement en ces mots : «Que vous êtes bon! Vous l’avez fait mourir! Vous l’avez délivré! Merci! Merci! » Et je repars tout penaud, la «queue» entre les jambes comme un chien, ne chantant pas un alléluia! Juste une paix sereine, mais aussi une étrange sensation… D’avoir été aidant spirituel à mourir. Et en une seule matinée, j’ai aidé spirituellement quatre patients à mourir! Je me suis caché ensuite au bureau de la pastorale. J’avais peur de moi!

Je n’ai pas prêté le serment d’Hypocrate. Je ne suis pas médecin. Je suis prêtre. Je sers le Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Je célèbre quotidiennement le mystère de sa mort et sa résurrection dans l’eucharistie, et cette Vie est en moi depuis le baptême. Mystère de mort. Mystère de vie. Mystère de mort et de vie dedans. Je suis ministre avec Jésus de la Vie et non de la mort. Je suis signe avec Jésus de la Vie qui triomphe de la mort. Je suis croyant en Jésus et je choisis la Vie et non la mort. Mais je réalise en même temps que j’accompagne des mourants… leur tenant la main pour les aider spirituellement à passer vers la Vie. Quelle Vie? Celle du Christ mort et ressuscité?

Tout cela pour dire que l’aide médicale à mourir? Qu’est-ce que j’en pense? Le patient n’est pas un robot : il est une personne humaine, corps et être. N’oublions pas que la dimension médicale ne représente qu’un aspect de cet homme, de cette femme, de cet enfant. Toutes les disciplines  médicales et humaines doivent pallier à la souffrance, à la douleur… Du corps à l’être spirituel…

P.S. – S.V.P. Ne me dénoncez pas aux autorités, car j’ai porté aide spirituellement à tant de gens à mourir!

Michel Lafontaine

Journée mondiale des personnes malades – « Guichet libre-service »

lafontainemichelDepuis plus de 20 ans, à l’initiative de Jean-Paul II, le 11 février est consacré comme une journée de sensibilisation mondiale à la cause des personnes malades et du rôle « vocationnel » du personnel qui en prend soin. La semaine dernière, la Cour suprême du Canada a ouvert la porte au « libre-service », i.e. qu’elle a dit oui à ce qu’on appelle « l’aide médicale à mourir ». La Presse + qualifie même cette décision d’ « énorme victoire » par les défenseurs des droits des patients. Un homme atteint de la terrible maladie de Lou Gehrig s’exprime : « C’est comme un passeport. Je pourrai l’utiliser si je veux. Mais je ne serai pas obligé. »

D’autre part, à l’occasion de la semaine de prévention du suicide, un auteur et enseignant en sociologie, Vincent Paris, affirme dans une lettre ouverte : « Les vrais tabous du suicide »,  que le suicide « n’est pas un problème de santé mentale, mais bien de santé sociale. » Curieusement, le taux de suicide est plus élevé aux beaux jours de l’été que pendant le mois de froid extrême de février…Il écrit également que la famille, l’entourage de proches, un climat social sain, s’avèrent le meilleur rempart pour atténuer le goût d’en finir et de mourir.

Profitons de l’occasion de la journée mondiale des malades 2015 pour réfléchir sur les valeurs évangéliques axées sur le « prendre soin » du prochain. La pastorale, le pasteur, et les soignants sont tous « des intervenants en soins spirituels » en quelque sorte. Ils contribuent à donner du sens à ce qui n’a pas de sens, à trouver des forces vives enfouies au cœur de la personne et à se rattacher à sa spiritualité, ses croyances, ses valeurs. La foi chrétienne amène les croyants à faire tout ce qui est possible pour soulager la douleur physique et la souffrance du cœur… Découvrir de nouveaux médicaments qui soulagent, investir davantage et rendre accessible à plus de personnes à de véritables soins palliatifs humanisés qui apportent le soulagement non seulement médical, mais une présence humaine et compatissante.

Les évêques du Canada ont réagi fortement à la décision de la Cour Suprême : ils disent clairement qu’il faut promouvoir les meilleurs soins en fin de vie.  Le « guichet libre-service » doit aussi posséder un bouton supplémentaire : «Je veux des soins palliatifs professionnels et rassurants» pour vivre la dernière étape de ma vie. S’il y a un seul choix : l’aide médicale à mourir, qui s’appelait autrefois « euthanasie » peut apparaître comme un passeport… Quoi en penser? Se réjouir, se sentir soulagé ou s’inquiéter du déclenchement d’une lumière jaune ou rouge?

Michel Lafontaine