Fermetures d’églises ? Ouverture d’Église !

StevenLe 26 octobre prochain, je célèbrerai déjà mon premier anniversaire d’ordination presbytérale. Quoi ? Déjà une année ? Sous le choc ! Une année enrichissante qui a défilé rapidement sous le faisceau de nombreuses découvertes et de multiples expériences ecclésiales. Parmi celles-ci, je compte notamment la fermeture officielle au culte de trois églises du secteur pastoral Mont-Tremblant : l’église Immaculée-Conception-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de la municipalité La Conception (19 avril 2015), l’église Saint-Rémi de la municipalité d’Amherst (30 août 2015) et l’église Saint-André de la municipalité de Lac-des-Plages (6 septembre 2015). Pour mon premier blogue, je désire vous partager brièvement les réflexions qu’ont suscitées en moi ces moments inoubliables.

La fermeture d’une église ne revêt aucune connotation réjouissante, bien au contraire ! Les fidèles confrontés à cette réalité doivent consentir à tourner définitivement une page d’histoire et vivre un deuil à la fois déchirant et identitaire. Les prêtres acculés à prendre de telles décisions sont, quant à eux, placés en face d’une dichotomie : assurer à la communauté chrétienne un accompagnement laissant transparaître l’espérance de la résurrection et veiller au déroulement d’une fermeture d’un lieu de culte. Ouf !

Par ailleurs, nous pouvons difficilement nier que le paysage religieux au Québec subit, depuis quelques années, des changements majeurs. Nul besoin de les nommer, car nous connaissons tous la nomenclature de ces transformations. Pourtant, cette conjoncture (clin d’œil à notre évêque) démontre clairement que l’Église doit elle aussi vivre certains deuils et se triturer les méninges pour dénicher de nouvelles méthodes afin que le message de l’Évangile résonne davantage au sein d’une humanité en quête de sens. C’est formidable ! L’Église ne se contente pas seulement d’enseigner le mystère pascal : elle le vit au plus profond de ses tripes !

Oui, fermer définitivement au culte une église s’avère une expérience douloureuse, mais elle débouche aussi sur une source d’espérance. Quelle est cette espérance ?

  • Premièrement, l’espérance de constater que l’Église, avant d’être un bâtiment ou une structure, désigne initialement une assemblée de baptisé(e)s convoquée pour configurer le Peuple de Dieu et reconnaître, en la personne de Jésus Christ, celui qui vient nous sauver.
  • Deuxièmement, l’espérance d’attester qu’aux yeux de Dieu, avant d’être citoyenne ou citoyen de telle municipalité, nous sommes d’abord toutes et tous, sans exception, ses enfants bien-aimés. C’est d’ailleurs ce que saint Paul nous rappelle par le truchement de sa lettre au Romains : « L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. » (Rm 8, 16-17)
  • Troisièmement, l’espérance de tisser des liens nouveaux et de regrouper nos forces vives afin que l’Église puisse demeurer une terre cultivée par Dieu. Comme l’évoque la constitution dogmatique Lumen Gentium : « L’Église a été plantée par le céleste Cultivateur comme la vigne choisie. Le Christ est la vraie vigne qui donne la vie et la fécondité aux sarments, c’est-à-dire à nous qui par l’Église demeurons en lui; et sans qui nous ne pouvons rien faire. » (LG, # 6)

Frères et sœurs, que nos cœurs soient immergés dans cette source d’espérance. À l’ensemble des fidèles de notre Église particulière qui ont connu la douloureuse perte de leur église paroissiale, puissiez-vous y puiser la force et la conviction de poursuivre votre route en étant portés par la joie de l’Évangile !

Steven St-Amour