L’obole qui fait la différence!

MasséVitalFace au geste de la veuve qui offre deux petites pièces de monnaie, le Seigneur nous rappelle que le don le plus petit peut avoir une grande valeur : « Vraiment, je vous le déclare, cette veuve a mis plus que tous les autres » (Lc 21, 3).

 Une série de petites lumières mises ensemble peuvent éclairer une grande ville.

 Récemment, la Syrie et les Philippines ont connu des misères inhumaines. Si seulement une simple obole était apportée par ces millions de personnes qui le peuvent, déjà cela pourrait éclairer et réchauffer énormément l’espoir de ces gens qui ont grande peine à croire que le soleil peut encore luire sur leur destinée.

 Nous tous, habitants de la planète Terre, depuis de longues années, nous étions dans l’obscurité, spécialement quant à la compréhension de notre destinée et des chemins pour l’atteindre. Voilà qu’un jour une petite lumière apparaît dans le ciel de Bethléem, très discrète et toute minime comme l’obole de la veuve. Mais elle avait pour mission de conduire à Celui qui allait se révéler comme la Lumière du monde. Cette nouvelle Lumière, malgré toutes les découvertes scientifiques et théologiques, nous n’avons jamais pu évaluer son intensité, car elle dépasse tous nos instruments d’évaluation.

 Ce qui importe le plus, c’est que cette Lumière, qui est la personne même de Jésus parmi nous, jette sur chacun(e) de nous un rayon bienfaisant, éclairant, réchauffant de l’amour même de Celui qui, tout en se donnant, nous appelle à être, avec lui, semeur d’un rayon de lumière et de joie, humble obole qui peut faire la différence dans le milieu où nous vivons.

Que ce Noël 2013 soit le plus beau de votre vie!

Que votre obole soit semence de joie, de paix et d’amour!

 Vital Massé

Les défis et les bénéfices des changements!

MasséVitalToute notre vie est jalonnée de défis et d’appels à des changements qui peuvent être autant de tremplins pour progresser dans notre cheminement et notre évolution.

Si le bébé dans le sein de sa mère pouvait parler, il est probable qu’il souhaiterait demeurer dans sa condition qui se présente comme une sorte de « béatitude ». Mais s’il demeurait dans cette dépendance naïve à sa mère, il ne verrait jamais le jour et ne connaîtrait jamais tout ce que l’existence, par son propre souffle, peut lui offrir.

L’un des premiers défis, de sa vie publique, sera d’apprendre à marcher : trouver l’équilibre dans un déséquilibre continuel. Mais quel avantage, de pouvoir aller là où il veut et découvrir par lui-même un tas de choses! L’enfant qui doit quitter ses parents pour entrer à la maternelle va connaître un autre défi  important. Mais que d’avantages nouveaux : tout ce monde de connaissances nouvelles qui s’offre à lui tout en faisant face à la difficulté mais surtout à la richesse de la socialisation et une autonomie sans cesse grandissante. Et ce ne sera que le début d’un long apprentissage à mesure que d’autres défis se présenteront : changement de professeurs, de milieux de travail, s’adapter à de nouvelles personnes, etc…

Il y a les changements que l’on choisit et il y a ceux qui nous sont imposés par la vie. Dans un cas comme dans l’autre, surtout s’il est accepté, le changement provoque habituellement la créativité. Il est aussi une occasion d’une meilleure connaissance de soi.

Aussi la vie en société apporte infailliblement son lot de nouvelles adaptations mais aussi d’enrichissements. Qu’on le veuille ou non, nous sommes faits pour vivre en société : « Nul est une  île ». Il y a des défis qu’on ne peut relever seul. Le travail en équipe et en solidarité multiplie nos chances d’exploiter plus à fond nos dons et nos talents. En travaillant en équipe, les autres nous aident à mieux nous découvrir, à nous perfectionner, à nous corriger. Nous avons souvent besoin de l’autre pour mieux savoir ce que nous sommes et ce dont nous sommes capables.

Il semble bien prouvé que dans la vie l’on exploite qu’une petite partie de nos possibilités. Comment augmenter le niveau de nos performances? C’est souvent en faisant face positivement aux divers défis que le quotidien nous amène. Ce n’est pas l’absence des difficultés qui nous fera grandir mais l’ardent désir de les vaincre.

Il peut y avoir en nous une certaine tendance à être « sédentaire » et, inconsciemment à regretter la douce tranquillité du sein maternel. Quoi qu’il en soit, il y a forcément sur notre route des défis à relever. J’ai le choix de les choisir et d’accepter le dérangement qu’ils apportent ou c’est la vie qui m’oblige à y faire face. Il est certain que la première option sera plus fructueuse.

Chose certaine, de rêver une vie sans dérangement, sans réadaptation serait une utopie. Il n’y a jamais, pour personne, un chemin bien tracé d’avance. Les changements peuvent faire peur. Tout dépend du sens que nous leur donnons.

Ajoutons que l’on ne grandit pas uniquement en faisant face à d’énormes défis; la visite d’un nouveau voisin, l’échange avec un compagnon de travail peuvent être autant d’occasion de transformer ou d’améliorer notre façon d’être et d’agir.

En un mot, il s’agit d’être fidèle à la vie qui se charge de nous fournir la matière nécessaire pour grandir à travers une foule de péripéties qui apportent un lot de situations nous obligeant à une perpétuelle adaptation.

Vital Massé

Merci !

En prévision du 16 décembre dernier où j’atteignais l’âge de 75 ans, j’ai dû auparavant, selon la loi ecclésiastique, donner ma renonciation (démission) au pape. Il m’a répondu que cette renonciation deviendrait effective lorsqu’il m’aurait trouvé un remplaçant. Cette nouvelle a été publiée le 2 février au matin et mon successeur est Mgr Paul Lortie actuellement évêque-auxiliaire à Québec.

Je veux donc profiter de cette chance qui m’est offerte avant mon départ, (le 17 mars), non seulement pour vous présenter mes meilleures salutations mais davantage pour vous remercier très sincèrement pour la précieuse collaboration que vous m’avez toujours accordée. Depuis mon accueil, le 4 novembre 2001 où unanimement diverses voix s’étaient fait entendre pour me signifier une bienvenue spontanée et empreinte d’un désir de solidarité, toujours cet accompagnement amical et engagé s’est efficacement exprimé. Je vous en suis très reconnaissant.

J’ai été soutenu dans ma tâche par des collaboratrices et collaborateurs dont la fidélité et le dévouement n’ont jamais perdu de leur intensité. J’aime à nommer d’abord le vicaire général, Mgr André Chalifoux, ma secrétaire Mme Pauline Piché et les autres membres du personnel diocésain. Je m’empresse d’ajouter l’étroite collaboration avec les modérateurs (responsables des secteurs), les prêtres, diacres, agents et agentes de pastorale et tous ces bénévoles qui souvent travaillent dans l’ombre. À vous tous, un grand merci!

À tous ces membres du diocèse de Mont-Laurier, merci pour tant de belles expériences d’Église que vous m’avez permis de vivre : ces belles célébrations des grandes fêtes liturgiques (Messe chrismale, Pâques, Noël…), ces anniversaires de paroisses, ces visites pastorales en paroisse ou en secteur, ces nombreuses confirmations qui m’ont fait mieux connaître nos jeunes et apprécier le dévouement de nos catéchètes ainsi que des bénévoles et des parents. Et la liste pourrait encore s’allonger.

Je termine en vous invitant à continuer votre route dans l’espérance en accueillant avec autant de chaleur et d’amitié celui qui va me succéder et qui arrive, j’en suis convaincu, avec la flamme d’un véritable apôtre et le zèle d’un vrai pasteur.

Vital Massé

Donner du poisson ou montrer à pêcher?

Dans un contexte d’abondance et soutenus par le désir que tout se réalise rapidement, nous avons souvent tendance à répondre au plus vite aux divers besoins qui nous sont manifestés, sans nous demander si, ce faisant, nous préparons bien les lendemains. La question peut se poser à savoir si nous avons tendance à être des fournisseurs sans nous préoccuper d’être suffisamment des éducateurs.

Si je me contente de fournir du poisson à celui qui m’en demande sans cesse, je ne ferais que prolonger son indigence. Si je lui apprends à pêcher, je le rendrai progressivement autonome vis-à-vis sa propre subsistance et j’augmenterai sa fierté de pourvoir lui-même à ses besoins.

C’est tout à fait dans cette ligne de pensée que travaille depuis de nombreuses années l’organisme Développement et Paix. Son objectif premier n’est pas de fournir comme dans une chaîne sans fin ce dont un peuple a besoin pour vivre. Développement et Paix va plutôt procurer à des personnes responsables les outils nécessaires pour développer un secteur d’activités qui permettra aux bénéficiaires en place de se regrouper, de s’organiser et de s’approprier progressivement les moyens qu’ils auront su développer pour devenir eux-mêmes des initiateurs de nouveaux projets.

Cette politique de Développement et Paix, j’ai eu avantageusement la chance de la voir à l’œuvre l’an dernier alors que je participais à un stage d’immersion qui avait pour mission de prendre contact avec des coopérants de Développement et Paix au Burundi. J’aimerais aujourd’hui partager quelques exemples qui font voir que Développement et Paix ne se contente pas de donner du pain à ces gens en quête de meilleures conditions de vie, mais favorise la prise en charge de nouveaux projets par des responsables locaux qui sont soutenus, encouragés, visités et, au besoin, questionnés sur la bonne utilisation des ressources mises à leur disposition.

Au Burundi, comme en bien d’autres pays sous-développés, les gens sont pauvres mais ils sont fiers, courageux et soucieux d’améliorer leur sort. L’aide apportée par Développement et Paix leur est d’un grand secours. Avec peu, ils réussissent à réaliser beaucoup.

Des partenaires qui font la différence

Développement et Paix a entre autres accepté comme partenaire l’organisme FONSDEV (Fonds de solidarité pour le développement). Cet organisme a eu l’excellente idée d’inaugurer ce qu’on est convenu d’appeler la « micro-finance ». Organisé un peu comme une « petite caisse », les gens s’inscrivent comme membres et, moyennant une certaine garantie, ils peuvent faire de petits emprunts.

Il arrive aussi que Développement et Paix fournisse des graines de semence pour inaugurer une nouvelle culture. Un récent propriétaire était très fier de nous faire visiter un terrain de plants de tomates qui, pour lui, était une première. C’est d’ailleurs un objectif de Développement et Paix de développer des cultures diversifiées qui permettent de maximiser le rendement de la terre.

Le Burundi est un petit pays où 90 % de la population pratique une agriculture de subsistance. La production du café y représente 80 % des revenus du pays. C’est dire que, pour aider ce pays à sortir de son extrême pauvreté, l’appui aux paysans  s’avère fondamental. C’est ce qui a motivé Développement et Paix à soutenir un organisme comme « INANES – Formation Burundi » qui est un réseau africain d’appui aux producteurs agricoles. Sa mission principale est d’amener les populations rurales à influencer les politiques locales et nationales de développement agricole. L’organisme cherche également à promouvoir la paix. Un grand succès d’INANES, au Burundi, est la mise en place de centres de collecte de café. Cela réduit le nombre d’intermédiaires entre les producteurs et les grossistes et permet à ceux et celles qui vivent de cette culture d’avoir une garantie sur le poids de leur récolte, la certification de sa qualité et l’obtention de la valeur réelle de leur production.

Information et instruction

L’un des premiers objectifs de Développement et Paix consiste à donner une bonne base d’information et d’instruction. C’est dans cet esprit que Développement et Paix a accueilli comme partenaire « La ligue Iteka », qui organise des rencontres d’information et de formation pour les leaders et responsables des camps pour rapatriés afin de les informer sur leurs droits. C’est édifiant de voir ces hommes et ces femmes parcourir des kilomètres dans les montagnes pour venir s’instruire de leurs droits et en faire bénéficier leur entourage. La Constitution du Burundi est volumineuse mais peu connue par les citoyens de ce pays. Les membres de la ligue renseignent les personnes sur les différents mécanismes légaux du pays et les aident à préparer leur plaidoyer lors de la présentation de requêtes.

Dans un pays où tant de gens se sentent isolés et où très peu possèdent la télévision, il est facile de comprendre l’importance de la radio. Sensible à cet important besoin, Développement et Paix subventionne la « Radio Bonesha » qui accepte de diffuser tout message d’intérêt public sans préjudice de religion, de races ou d’ethnies. C’est la radio du peuple.

Enfin, surtout dans un pays où il y a 60 % d’analphabètes, on ne peut penser à un développement durable sans miser sur l’éducation, et ce, spécialement auprès des jeunes. Grâce à l’initiative  et au dévouement du père Claudio Marano, le Centre jeunes Kamenge, pour jeunes de 16 à 30 ans, était fondé en 1992. Des 35 000 jeunes qui y sont inscrits, environ 2 000 y passent chaque jour pour y recevoir des cours de toutes sortes, pour participer à des activités variées, tels que  conférences, séminaires, tournois sportifs etc. Dans un milieu si cruellement dévasté par la guerre, on travaille à créer un climat de paix et de fraternité, essayant de remédier au maximum aux divisions entre les ethnies (Hutus et Tutsis). On invite donc à réaliser des projets ensemble vers l’unité et la paix, dans la liberté et le respect de chacun. Aussi on a à cœur de former des leaders pour la société. Déjà certains jeunes occupent des postes importants dans la société. Développement et Paix n’a pas hésité à faire de ce projet son projet prioritaire. Si bien que la radio burundaise n’hésita pas à dire un jour : « Développement et Paix, c’est plus qu’un partenaire, c’est un appui à tout le peuple burundais ».

Ces quelques exemples, parmi d’autres, auront permis, je l’espère, de vous faire voir que pour Développement et Paix, « beaucoup plus que de donner du poisson, l’important est de montrer à pêcher. »

Vital Massé

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