Le tournant missionnaire : ça nous concerne tous et toutes (première partie)

Un jour, nous avons été confrontés à prendre un tournant décisif, causé par la maladie, le travail, notre vie de couple, etc. Une décision importante s’imposait, un changement était nécessaire, une conversion devait survenir : il nous faillait vivre un tournant majeur dans notre vie personnelle, familiale et communautaire.

En regard du testament spirituel de Jésus à ses amis, il en est de même. Nous sommes concernés : « Allez de toutes les nations faites des disciples, … leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 19-20). L’interpellation du Pape François, dans son livre La joie de l’évangile, vise aussi tous les baptisés : « En vertu du baptême reçu, chaque membre du Peuple est devenu disciple-missionnaire. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation » (EG 120). Les évêques du Québec dans leur document intitulé Le tournant missionnaire (TM) des communautés chrétiennes, encouragent vivement tous les fidèles de nos paroisses à prendre ce tournant missionnaire. Les premiers pasteurs des diocèses au Québec apportent une référence sûre, des orientations claires et des suggestions intéressantes pour nous engager avec joie, audace et persévérance à vivre cette aventure de foi et à prendre ce tournant missionnaire. Plus concrètement, qu’est-ce que c’est le tournant missionnaire?

Parmi les pas à franchir pour prendre le tournant missionnaire, il est d’abord essentiel de mieux découvrir le trésor de notre baptême. Ce sacrement est un bienfait inestimable qu’il importe de mieux connaître, d’approfondir et de mieux en percevoir toute la richesse et la profondeur. Plus nous vivrons intensément cette belle aventure de foi en nous alliant avec d’autres, plus nous serons entraînés à révéler ce grand trésor aux gens que nous aimons et qui croisent notre quotidien. Par cette expérience spirituelle et pastorale fascinante, nous serons davantage conscients que nous sommes aimés personnellement par ce Dieu fidèle et bon qui a envoyé son Fils sur la terre et qui nous a comblé de son Esprit de sagesse, de force, de conseil, d’unité et de paix pour transformer le monde, pour rendre les autres heureux et remplis d’espérance. « Notre communion à cet « amour immense » (EG) à la source de la mission de notre baptême, nous sort de l’ennui, de la tristesse, des obscurités du temps et des faiblesses ecclésiales », TM, p. 11, no 2). « Nous sommes appelés à un changement du cœur que l’Esprit saura nous inspirer », TM, p. 6, no 2.

Quel beau projet nous est offert par ce tournant missionnaire! Sommes-nous conscients que par notre baptême, nous sommes choisis, élus, aimés et appelés à partager aux autres le trésor qui a changé notre vie? Comment découvrir les signes de la présence de Dieu dans notre vie quotidienne? L’appel du Pape François à être disciple-missionnaire de Jésus aujourd’hui nous interpelle-t-il?

Faites-moi part de vos commentaires sur le tournant missionnaire.

À suivre…

Paul Lortie

Place aux jeunes… vraiment?

L’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois sur la scène politique québécoise dans les dernières semaines a suscité de toute part des commentaires à la fois positifs et négatifs. D’un côté, le parti Québec-Solidaire a vu ses membres officiels augmenter de 40% en 5 jours; de l’autre, on se plait à qualifier ce jeune fonceur d’écervelé, d’inexpérimenté et de « trop jeune » pour être député et diriger, éventuellement, un parti politique. C’est vrai, GND n’a que 26 ans. C’est vrai, GND a été reconnu coupable de désobéissance civile dans une situation, je vous le rappelle, assez délicate merci où plusieurs politiciens avaient encouragé les revendications étudiantes. C’est vrai, GND a peu d’expérience en politique. Malgré tout, peut-on lui laisser une chance? Peut-on lui laisser l’opportunité de faire ses preuves et d’acquérir son expérience? Je ne prendrai pas ma carte de membre de Québec-Solidaire et je ne voterai pas pour GND, néanmoins, je trouve admirable que dans le contexte actuel, un jeune de 26 ans veuille se lancer en politique active et soulève des interrogations sur la manière dont on fait la politique de nos jours. La société actuelle se donne bonne conscience en disant que les jeunes sont l’avenir et qu’il faut leur permettre de se réaliser pleinement, mais le discours est parfois tout autre quand nous arrive un jeune avec de l’ambition, un feu qui le pousse intérieurement à l’action et de nouvelles idées qui pourraient changer nos habitudes et nos manières de faire.

Cette situation, je constate qu’il est facile de la transposer dans la vie de l’Église. Que de peur, que de crainte quand vient le temps de faire une place aux jeunes. Pourquoi? Parce qu’un jeune ça ne pense pas comme nous. Parce qu’un jeune va vouloir changer certaines choses. Parce qu’un jeune va vouloir exposer son point de vu ou sa manière de voir certaines choses. Au fond, je pourrais résumer tout cela en une simple phrase : Les jeunes et leurs idées dérangent. Et pourtant, si on les écoutait un peu… J’ai été triste un jour d’entendre quelqu’un dire : « 27 ans, c’est trop jeune pour être curé, on en veut pas » Savez-vous combien de paroisses seraient heureuses d’avoir un jeune prêtre dynamique qui est tout feu tout flamme pour se réaliser pastoralement?

C’est à 25, 30, 35 et 40 ans qu’on a la force de mettre sur pied des projets, qu’on a l’audace de les réaliser et le courage de les rendre à terme. Dire qu’on ne veut pas d’un prêtre parce qu’il a 27 ans, parce qu’il n’a pas d’expérience ou parce qu’il veut trop se réaliser, c’est dire qu’on ne veut aucun changement dans notre petite vie confortable jusqu’à ce que le dernier qui sorte de l’église ferme la lumière et verrouille la porte. Quand allons-nous faire confiance aux jeunes pour leur confier des responsabilités? Quand allons-nous croire qu’ils sont capables de réaliser de grandes et belles choses? Ce ne sera pas parfait du premier coup. Ce ne sera pas fait à notre manière. Il y aura sans aucun doute des erreurs de parcours. Néanmoins, c’est par les échecs qu’on acquiert l’expérience. C’est par l’expérience qu’on acquiert la confiance. C’est par la confiance qu’on réussi à réaliser nos projets.

Je termine en rappelant quelques faits historiques : En 1209, François d’Assise fonde l’Ordre des franciscains, il a 28 ans. En 1428, Jeanne d’Arc dirige les armées de France, elle a 17 ans. En 1564, Charles Borromée est nommé archevêque de Milan, il a 26 ans et entreprend la plus grande réforme du temps dans son diocèse. En 1632, Paul Chomedey de Maisonneuve fonde la ville de Montréal, il a 30 ans. En 1759, le général James Wolf dirige les troupes britanniques et remporte la bataille des plaines d’Abraham, il a 32 ans. En 1837, Victoria de Kent devient chef de l’Empire britannique, elle a 18 ans. En 1976, Steve Jobs fonde la compagnie Apple, il a 21 ans. En 2004, Mark Zuckerberg fonde Facebook, il a 20 ans. Trop jeune? Sans expériences? Je ne saurais trop dire… Qu’en pensez-vous?

Jean-François Roy

Carême des chrétiens et Ramadan des musulmans, des jeûnes identiques pour des sens différents !

RicherMarc« La Parole est un don. L’autre est un don. », c’est le thème du message du Pape François pour le Carême 2017. Le Pape insiste sur la nécessité d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre. L’événement tragique vécu à la mosquée de Sainte-Foy à Québec le 29 janvier dernier, tout comme les autres attentats perpétrés de par notre monde à l’encontre de nos frères et sœurs musulmans, me conduisent dans le respect, vers une quête de savoir afin de mieux comprendre leur foi. En communion avec le Pape François, avec vous je veux profiter du Carême 2017 pour effectivement ouvrir la porte de mon cœur à une personne que je côtoie et qui ne pratique pas nécessairement sa foi comme vous et moi le faisons.

Vous saviez qu’Abraham, pour tous les croyants en un seul Dieu, est notre grand-père et notre ancêtre dans la foi ? Eh oui, la foi d’Abraham devrait pourtant unir les croyants et croyantes des trois grandes religions monothéistes que sont le christianisme, le judaïsme et l’islamisme ! D’ailleurs, les trois religions monothéistes proposent aux croyants que nous sommes, de vivre un temps de ressourcement spirituel : le Carême pour les chrétiens ; le Ramadan pour les musulmans ; le Yom kippour pour les juifs.

Dans la conjoncture des événements qui nous ont bouleversés dernièrement, et dans la perspective de mieux comprendre ce que vivent nos frères et sœurs musulmans, je m’en tiens à évoquer notre Carême et le Ramadan. Cette distinction est importante, car il semble facile de comparer notre Carême au Ramadan des musulmans. Il y a une signification propre pour ces deux temps que l’on associe particulièrement à une période de jeûne. Mais il importe de saisir toute la différence et de se recentrer sur le cœur de nos démarches.

La ressemblance des deux démarches conduit facilement à utiliser le vocabulaire chrétien qui nous est familier en parlant du « carême » des musulmans. Cette confusion du vocabulaire n’est pas sans signification. Nos pratiques ainsi désignées par le même mot n’en demeurent pas moins très différentes.

Pour nous chrétiens, le Carême est la période de préparation à la fête de Pâques. Comme le peuple hébreu avait vécu au désert pendant quarante ans avant d’atteindre la terre promise, nous faisons de notre mieux pour vivre quarante jours afin de nous préparer à renouveler et à raffermir notre foi au Christ ressuscité. Le Carême chrétien une très belle démarche vers Pâques qui favorise également l’accueil de la miséricorde de Dieu, que nous sommes particulièrement invités à vivre par le sacrement du Pardon. On sait bien en 2017 que, depuis plusieurs années les privations dans le boire et le manger se sont adoucies, car l’insistance est plus forte sur la conversion intérieure et le partage.

Chez nos frères et sœurs musulmans, les fêtes de l’Islam, à l’inverse des fêtes juives ou chrétiennes, n’ont pas pour but d’évoquer l’histoire passée ou à venir. Le Ramadan n’est pas la préparation d’une fête, ni le souvenir d’un événement. C’est une pratique commandée par le Coran. Comme pour la plupart des pratiques de l’Islam, c’est d’abord la vertu d’obéissance qui est appelée à s’exercer par le jeûne. Face à Dieu, l’homme se remet à sa place d’humble adorateur. Le mois du jeûne qu’est le Ramadan comporte pour les musulmans une attention renouvelée à la lecture du Coran. Le mois du ramadan est une occasion de plus grande ferveur dans les mosquées par la prière et par les enseignements qui sont donnés aux fidèles.

De ce point de vue, le Ramadan, comme notre Carême, sont un temps de conversion et de retour à la prière. Le Ramadan dure le temps d’un mois lunaire, soit 28 ou 29 jours. En 2017, le ramadan se vivra du 27 mai au 26 juin prochain. Quant à nous chrétiens, le Carême a débuté le 1er mars, soit le Mercredi des Cendres ; et le Jour de Pâques sera célébré le 16 avril prochain.

Si la compétition n’est pas de mise entre nous, la ferveur des croyants musulmans qui jeûnent et prient plus fidèlement pendant cette période pourrait susciter une émulation pour nous chrétiens ! Alors, chers amis lecteurs et lectrices du blogue des prêtres, profitons du Carême 2017 pour revoir notre façon d’être plus fidèle à notre foi catholique, à l’assiduité à la prière personnelle et communautaire, et à notre générosité pour suivre le Christ et pour mieux vivre la joie de l’Évangile !

Marc Richer

«Voyez comme ils s’aiment…»

SiroisJean-RenéCette petite phrase écrite par l’auteur du livre des Actes des apôtres, relatant les circonstances et les actes des premiers disciples et donc les débuts de l’Église, a traversé les siècles et a été comme un leitmotiv qui a alimenté la foi et les œuvres d’amour que ces disciples ont inaugurées.

«Voyez comme ils s’aiment…» On peut encore, heureusement, le dire à haute voix aujourd’hui… L’amour a bien des facettes et surtout, il n’y a pas de limites à son expression. La fête de «la Saint-Valentin» chaque année vient rappeler à bien des personnes que sans amour, on ne vit pas… Il y a tellement à dire sur ce thème essentiel à la vie elle-même…

Quelqu’un disait récemment : «Dieu n’a pas besoin de nous, s’Il nous confie une mission, c’est uniquement parce qu’Il nous aime…» Se peut-il qu’on puisse demander quelque chose à quelqu’un avec et par amour?… Pour les chrétiens, on reconnaît que l’Amour est censé être leur marque distinctive… Si on demande à quelqu’un aux connaissances bibliques minimales, s’il peut citer un seul texte qui exprime le mieux les enseignements de Jésus, les chances sont grandes que ce sera cette citation : «Aimez-vous les uns les autres…» Ce thème de l’amour du prochain occupe de fait une place très importante dans tout le Nouveau testament, incluant les lettres de saint Paul; et dans l’Évangile de Jean elle revient plusieurs fois dans la bouche de Jésus dans ce que l’on appelle ‘La prière sacerdotale…’ (Jn ch. 14 à 17).

Mais, cela n’est pas exclusif à la foi chrétienne, loin de là… Si on peut retirer quelque chose de bon de la terrible tragédie de Québec à la fin de janvier, c’est bien les nombreux et édifiants témoignages de compassion des Québécois de toutes confessions à l’endroit des personnes éprouvées et spécialement les membres de la communauté musulmane de Québec. En échange, ceux-ci ont fait montre de tout autant de grandeur d’âme et de valeurs spirituelles vraiment édifiantes. Cette malheureuse tragédie a fait faire chez-nous des pas de géants à la tolérance mutuelle secondaire à une meilleure connaissance de la vérité de ce que nous sommes profondément les uns et les autres et a permis de changer la perception tellement déformée de cette réalité par les demi-vérités, voire les mensonges, les préjugés, les ‘qu’en-dira-t-on’, les flash et les aperçus éphémères transmis par les médias, qui, par ailleurs ne livrent que ce qui est à leur portée et ce qui se fait voir en façade…

On a pu ainsi constater que ce qui nous unit est beaucoup plus important que nos différences… Nous sommes unis tout d’abord par une même et unique humanité; et ainsi les traits qui nous distinguent sont aussi superficiels et d’importance beaucoup moindre que les sentiments et les pensées profondes qui jaillissent du cœur. Et aussi, cela nous permet de tous nous rejoindre dans une foi commune au même et unique Dieu : à l’origine de tout et qui se rend accessible à tous les humains qui se tournent vers Lui, quelques soient les différentes façons de le faire et qui, somme toute, sont des traits distinctifs davantage attribuables à la culture qu’à la religion.

Qu’on prie Dieu cinq fois par jour en étant prosternés vers la Mecque ou qu’on Le prie en psalmodiant à la manière juive, ou en chantant le Gloire à Dieu des chrétiens ou en se plongeant dans de longues méditations comme chez les Hindous ou les Bouddhistes, ou en offrant des libations aux Ancêtres ou en se reliant à un Esprit non-identifié que l’on reconnaît présent à nos vies, ou en faisant le choix libre de ne faire de tort à personne tout en acceptant d’agir pour le Bien de tous sans se dire relier à une Entité supérieure, ce qui compte par-dessus tout, comme l’Évangile le suggère, c’est ce qu’il y a dans le cœur…

Là, nous pouvons tous nous rejoindre, car là est le siège de l’amour…

Jean-René Sirois

Dans le cadre de la Journée mondiales des malades le 11 février 2017 : Toucher thérapeutique… spirituel!

lafontainemichelJe m’adresse d’abord à vous Messieurs, non pas par sexisme, mais parce qu’il s’agit d’une matière absolument masculine : il vous est recommandé, autour de la cinquantaine, d’avoir un toucher, euh, disons thérapeutique, pour l’exprimer en termes pudiques, par votre médecin, pour prévenir le cancer de la prostate!

Vous voilà rassurées, Mesdames! Mais soyez confiants! Je ne transformerai pas, dans cette réflexion, ce toucher «thérapeutique» en symbolique spirituelle, tout de même! Il s’agit d’une réalité biologique, qui n’a rien à voir avec la spiritualité, sauf le fait de croire en nos professionnels de la santé que ce toucher préventif s’avère une bonne habitude à prendre pour demeurer en santé!

En ce qui concerne les soins physiques de la personne, en effet, le toucher, par le bout des doigts ou par la main entière, demeure une réalité normale, appropriée et c’est pourquoi nous acceptons de nous laisser toucher, même si cela nous plaît ou non, pour diverses raisons. Certaines personnes ont une sainte horreur qu’on les touche! Nous ne fermons pas les yeux sur les touchers qui assassinent… Néanmoins, le toucher médical accompli dans un contexte professionnel est positif et sert la vie.

Mais j’en viens à mon sujet à proprement dit… Comment qualifie-t-on le toucher dans les soins spirituels? Le toucher demeure, pour une part, un véritable contact physique : prendre la main, ou la déposer sur une épaule… Cependant, le toucher peut aussi acquérir une dimension plus symbolique… Par exemple, on peut toucher le cœur de quelqu’un par une parole appropriée, un mot de réconfort, d’encouragement, d’entraide, de compassion. Et ces deux types de touchers sont non seulement physique et spirituel, mais ils acquièrent par le fait même une dimension thérapeutique, car ces touchers font du bien, ces touchers restaurent quelque chose de brisé que l’on répare… Ils aident à retrouver la santé, ou du moins à se sentir mieux pendant quelques brefs instants ou une période prolongée.

Je pense à ce qui se passe, lorsque je célèbre l’onction des malades. Je touche avec l’huile bénie le front et les deux mains du patient, ce geste accompagné d’une parole rituelle, et chaque fois le «miracle» se reproduit… La personne malade semble s’apaiser… et même les proches qui sont présents se sentent « touchés» en leur être, sans qu’un frôlement, les touche physiquement!

Ce que je suis en train de démontrer n’est pas nouveau. La littérature médicale et théologique l’a déjà démontré plus d’une fois. Mais il est judicieux d’en reprendre conscience, à l’occasion de la Journée mondiale des personnes malades qui aura lieu le 11 février prochain. Cet événement instauré par le pape Jean-Paul II en 1992, nous aide à nous rappeler combien il est important d’être près de nos malades, de les toucher de notre présence, de notre affection, de notre amour. De réaliser aussi l’importance des soins médicaux prodigués dans une vision globale de la personne humaine. On ne soigne pas seulement un membre blessé, mais une « âme », un être « souffrant » dans son corps, et sûrement aussi à des niveaux insoupçonnés. La vie laisse des marques souffrantes sur divers plans : psychologique, physique, spirituel…

Les religions ont toutes créées des rituels de guérison, de libération, de « toucher » thérapeutique, et le christianisme n’y échappe pas. Au plafond de la chapelle Sixtine à Rome, une fresque évoque la création d’Adam : Dieu tend le bras vers l’homme qui, de sa main tendue, cherche à toucher son Créateur. Et en Jésus, Dieu a fait plus que nous tendre la main. Il est descendu vers l’être humain, il s’est fait homme. Il a littéralement touché (avec ses mains, ses doigts, ses paroles, son regard…) les malades qu’on lui apportait en grand nombre. Jésus avait un toucher de compassion pour les malades, les aveugles, les sourds, les muets, les paralysés, les lépreux… Il a touché le brancard où reposait un enfant mort, le fils unique d’une veuve, qu’il relève et remet à sa mère (Luc 7, 14).

Cette main qui a fondé la terre (cf. Isaïe 48, 13) a aussi créé l’être humain : «Tes mains m’ont formé et m’ont façonné… comme de l’argile», s’écrit Job (10, 8-9). Et elle continue de nous secourir, de nous délivrer… Jésus nous tend la main par celle des disciples qui ont à cœur la parole de Jésus : «c’est moi que vous avez visité» (Matthieu 25, 36), lorsqu’ils se déplacent pour « toucher » le cœur de leur frère ou de leur sœur malade. Jésus touche et se laisse toucher : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même! Touchez-moi et voyez…!» (Luc 24, 38-40). Le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus est la preuve indélébile de son amour. Soyons des témoins de cet amour lorsque nous prenons soins des malades, que nous les visitons, que nous les touchons de nos mains, de nos caresses et surtout de notre présence. Une présence humaine qui prend soin et devient Présence de l’Autre qui touche et qui guérit.

Lors de votre prochaine visite chez le médecin, pensez à cela lorsque ce dernier vous « touchera » une partie du corps… Un toucher thérapeutique qui peut, à l’occasion, se revêtir d’une connotation toute spirituelle! Le pape François écrivait d’ailleurs ces derniers jours : « Jésus est avec les malades, avec ceux qui ont des problèmes. Et c’est vrai. Je sais que quand on souffre, quand il y a des problèmes, c’est difficile à comprendre mais il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de sentir, de sentir les caresses de Jésus. Seulement cela. Et cela console. » (lors d’une visite des malades à la paroisse romaine Sainte-Marie à Setteville de Guidonia, le dimanche 15 janvier 2017).

Bonne Journée mondiale des malades 2017!

Michel Lafontaine

En l’an 2017, est-ce que je choisis de Lui consacrer au moins 2 minutes par jour ?

Mgr Paul LortieNous commençons l’année 2017. Pouvons-nous faire nôtre ce souhait : consacrer au moins deux minutes par jour au Seigneur dans la prière? Deux minutes pour être plus conscient de notre relation personnelle avec Dieu. En entrant régulièrement dans cette dynamique spirituelle, nous fortifions l’alliance d’amour qui nous unit au Seigneur. Nous nous abreuvons à la Source de vie éternelle qui est cachée au plus intime de notre cœur. Humblement par cette prière quotidienne, nous mettons notre confiance en Dieu pour vivre les joies et les peines de notre journée. Nous nous exposons à un soleil capable de dissiper les nuages obscurcissant le paysage. Ce temps de recueillement et de silence deviendra une halte bienfaisante apportant paix, joie, force et espérance. Pouvons-nous nous offrir ce cadeau simple, humble et puissant? Il nous oriente vers l’essentiel et nous fait communier à un amour éternel que nous vivrons un jour en plénitude.

Deux minutes de prière par jour, c’est peu, mais à la fois beaucoup. Si nous y sommes persévérants, nous témoignons d’une fidélité, d’un amour, d’une foi et d’une confiance envers l’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu est avec nous. Des changements prometteurs sont à envisager. Nous trouverons le monde beau. Nous deviendrons des disciples-missionnaires d’une Bonne Nouvelle. Nous regarderons les autres de façon plus positive et nous serons émerveillés devant tant de gestes gratuits autour de nous. Nous percevrons mieux nos fragilités et nos limites en reconnaissant nos torts et nos faiblesses. Le chemin du pardon sera plus souvent emprunté, car nous expérimenterons que le Seigneur veut constamment nous donner une autre chance tout en nous invitant au même pardon pour autrui. Notre cœur sera plus compatissant pour les petits.

Deux minutes de prière par jour en 2017, c’est aussi faire sienne l’orientation pastorale du message de l’évêque lors du lancement diocésain de septembre 2016 pour demeurer une « eau vive » désaltérante, limpide, pure et libératrice qui rassasie les plus grandes soifs du cœur humain. Idéalement vivre une minute le matin et l’autre le soir. Notre prière du matin sera comme un élan du cœur, accompagnée d’intimité ou de brèves paroles. En voici des harmoniques : « Seigneur, guide-moi aujourd’hui »; « Seigneur, protège-moi et donne-moi ta paix ». Chacune, chacun est appelé à découvrir son refrain favori. Le soir, c’est le temps de la récolte et de peser le pour et le contre de notre quotidien : dire merci pour tout ce que nous avons vécu de beau et de bien et reconnaître devant le Seigneur en quoi notre cœur s’est parfois fermé à l’amour : « Seigneur, prends pitié de nous ».

Quelle belle année 2017 en perspective! Bonne et heureuse année!

Pour aller plus loin sur le chemin de la prière : Des conseils pour être fidèle à la prière quotidienne : il est préférable de choisir de prier à la même heure. Il est plus facile de choisir le même lieu : dans sa chambre, en auto, avant d’aller à l’ordinateur, etc. D’autres prennent des prières familières : le signe de la croix, le Je vous salue Marie ou encore le Notre Père. Aimeriez-vous partager votre expérience spirituelle avec moi? Laissez-moi un commentaire afin que je puisse vous joindre.

Paul Lortie

Pour Noël, as-tu besoin d’un sauveur?

RicherMarcUn sauveur : pourquoi ? Pour nous sauver de quoi ?

Il y a au-delà de 2 000 ans, des bergers qui, gardant leurs brebis durant la nuit de la « Nativité », furent fort étonnés d’apprendre une nouvelle venant du ciel : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur ! »

Il me semble que nous avons un jour ou l’autre besoin de quelqu’un pour nous aider à passer à travers une épreuve tels la maladie, un deuil, une période de solitude, de dépression, de problèmes économiques, de remise en question dans la vie de couple, etc.

Il faut une bonne dose d’humilité pour accepter d’avoir besoin de quelqu’un. Accepter de ne pas connaître toutes les solutions. Accepter de laisser intervenir quelqu’un d’autre dans nos affaires personnelles.

Pas facile pour bien du monde de nos jours d’accepter d’avoir recours à Dieu!

Pourtant, il faut savoir que Dieu ne veut rien imposer, sinon il ne se serait pas fait petit enfant dans une crèche. Et quel est son désir ? Nous indiquer un chemin de vie qui part du cœur de son cœur, et qui rejoint le cœur de l’être humain.

À preuve, en ce temps des Fêtes, les élans de partage et de grande charité qui sont médiatisés, ou encore accomplis dans la plus grande discrétion. Oui, il se vit beaucoup de partage et d’entraide dans les communautés de notre région! Et ce, dans une période d’incertitude pour beaucoup de travailleurs et de gens d’affaires.

Je suis touché de lire les hebdos régionaux de notre diocèse et d’y apprécier ce qui se fait et se vit en terme d’activités de levée de fond, de guignolée, de repas communautaires. Bravo à tous les bénévoles, et merci à toute personne qui a pu contribuer, même modestement.

Je vous reviens avec la question d’introduction : « As-tu besoin d’un sauveur ? » Une réponse à cette interrogation : les mots de l’évangile de Luc que nous entendons à la messe du 24 décembre : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur ». Luc 2, 10-11

Alors, comme la fête de Noël est le temps d’une bonne nouvelle, permettez-moi de vous offrir quatre vœux pour ce Noël 2016, en m’inspirant de ces mots d’Évangile.

D’abord, se faire dire « ne craignez pas » voilà un très beau vœu d’encouragement. N’ayons crainte des contradictions et des difficultés que nous rencontrons dans notre quotidien.

Ensuite, se faire dire « je viens vous annoncer une bonne nouvelle » voilà un très beau vœu d’espérance. Quant dans notre quotidien la misère, les déceptions et les injustices peuvent nous faire vivre dans le désespoir, le ciel vient nous redonner cet espoir qui nous semble perdu.

Également, se faire dire qu’il y a « une grande joie pour tout le peuple », voilà un autre très beau vœu de joie. Quant dans notre quotidien il y a de la maladie, de la solitude, un deuil, du chômage, et que ces réalités amènent de la tristesse, de l’angoisse et même des dépressions, tournons-nous vers l’Enfant de la crèche, car Il veut apporter sa joie, et même nous redonner la joie de vivre.

Enfin, entendre « aujourd’hui vous est né un Sauveur », ces mots résonnent le vœu d’avoir une belle qualité de vie. Le petit enfant couché dans la crèche, comme les tous petits de nos familles, nous disent l’importance et la valeur de chaque personne humaine. Chacun de nous a une valeur infinie. Toute personne est une histoire sacrée.

Je souhaite que ce Noël 2016 apporte du courage, de l’espérance, de la joie et une belle qualité de vie. Que sur nos chemins de joie, ou parfois même de chagrin, Celui que l’on célèbre à Noël, nous accompagne de sa présence, puisque, nous pourrions avoir effectivement besoin d’un sauveur !

Je souhaite que Noël 2016 change un petit quelque chose en nous et transforme le milieu dans lequel nous vivons.

Quelle que soit notre façon de fêter Noël, le ciel nous fait signe : « Gloire à Dieu…Paix aux hommes qu’il aime ! »

Joyeux Noël ! Que nos mots tournent à la tendresse.

Joyeux Noël ! Que nos mains se tendent et que nos partages aient le goût de la générosité.

Joyeux Noël ! Qu’il y ait place à notre table pour celle ou celui qui nous est proche, comme pour l’éloigné.

Que Noël 2016 nous soit une naissance, un recommencement, un signe de Dieu.

Marc Richer

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