La vie consacrée …don du monde à l’Église et don de l’Église au monde!

SiroisJean-RenéEn cette année de la vie consacrée décrétée par le pape François, lui-même un  <<consacré>> membre de la Compagnie de Jésus (jésuites), est un temps privilégié pour se remémorer l’immense apport de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi de consacrer leur vie, leurs talents, leur cœur au service de Dieu, de l’Église et du monde…  

Le champ immense et varié de leurs engagements autant que la générosité qui s’y profile partout suscite notre admiration …  Dès les débuts de l’Église, on retrouve dans les Actes des Apôtres des descriptions (Ac 2,42 : «Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières…»)  qui marqueront à peu près toutes les structures qui se mettront en place dans les premières communautés chrétiennes et, par la suite, les nombreuses communautés d’hommes et de femmes jusqu’à nous.  

La sollicitude pour les ‘petits’, les pauvres, les délaissés de toutes sortes dont les veuves, les ‘pécheurs’ rejetés, dans la continuité des demandes des prophètes de l’Ancien Testament, est aussi un trait essentiel de l’Église catholique.  «Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.» Ga 3,28 : cet enseignement de Paul aux Galates a inspiré plusieurs fondations à travers les siècles tout comme cette parole de Jésus :  “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Mt 25,40  

L’Évangile vécu : voilà l’idéal de la vie consacrée!  Dans sa lettre apostolique à tous les consacrés à l’occasion de l’année de la vie consacrée, le pape François écrit :  «Depuis les débuts du premier monachisme, jusqu’aux “nouvelles communautés” d’aujourd’hui, chaque forme de vie consacrée est née de l’appel de l’Esprit à suivre le Christ comme il est enseigné dans l’Évangile (cf. Perfectae caritatis, n. 2). Pour les Fondateurs et les Fondatrices, la règle en absolu a été l’Évangile, toute autre règle voulait être seulement une expression de l’Évangile et un instrument pour le vivre en plénitude. Leur idéal était le Christ, adhérer à lui entièrement, jusqu’à pouvoir dire avec Paul : « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (Ph 1, 21) ; les vœux avaient du sens seulement pour mettre en œuvre leur amour passionné.» et :  «Je vous répète aussi ce que j’ai dit durant la dernière vigile de la Pentecôte aux mouvements ecclésiaux : « La valeur de l’Église, fondamentalement, c’est de vivre l’Évangile et de rendre témoignage de notre foi. L’Église est le sel de la terre, c’est la lumière du monde, elle est appelée à rendre présent dans la société le levain du Royaume de Dieu, et elle le fait avant tout par son témoignage : le témoignage de l’amour fraternel, de la solidarité, du partage » (18 mai 2013).

Pour la mémoire, il faut aussi mentionner les traits humains qui ont caractérisé ces engagements :  depuis les premiers apôtres, les moines et moniales, des noms comme François d’Assise, Ignace de Loyala, Thérèse de Lisieux, et pour notre Église au Canada :  tous ces fondateurs qui sont venus de France pour jeter sur cette terre d’Amérique les bases d’une société nouvelle devant largement s’inspirer de l’Évangile: pensons aux saints et saintes :  Martyrs canadiens, Marie de l’Incarnation, François de Laval, la bienheureuse Catherine de saint Augustin à Québec et à Montréal : sainte Marguerite Bourgeois, et les laïques Jeanne Mance, Jeanne Lebert ;  ensuite ces canadiens et canadiennes :  les saints et saintes :  Kateri Tekakwitha, Marguerite d’Youville, Frère André,  et les bienheureux et bienheureuses : André Grasset, Marie-Léonie Paradis, Louis-Zéphirin Moreau,  Marie-Rose Durocher, Dina Bélanger,  Émilie Tavernier-Gamelin,  Marie-Anne Blondin  et Frédéric Janssoone venu de France…  

Et pour notre diocèse de Mont-Laurier, l’apport des communautés religieuses, surtout de femmes, a été fondamental dans le vrai sens du mot : dans tous les nouveaux villages jetés en bordure de nos rivières, se sont installées des personnes venant se consacrer principalement à l’éducation de la population et aux soins des malades…  

Nous avons donc, comme Église et comme peuple de Dieu vivant aujourd’hui des bienfaits de leur héritage, un devoir de mémoire et de reconnaissance que cette année de la vie consacrée nous permet d’exprimer à tous ceux et celles qui œuvrent encore parmi nous et à tous ces nombreux(ses) autres qui ne sont plus avec nous…

Puissent les semences, déposées dans les cœurs, germer et donner du 30, du 60 ou du 100 pour un pour assurer la pérennité de l’Église et de la foi au Christ vivant pour le mieux-être de toute la société…  

Jean-René Sirois

Qui vous a enseigné en première année à l’école ?

RicherMarcLa question en titre, je la porte depuis l’ouverture de l’Année de la Vie consacrée. Au fait, sachez que le pape François a ouvert cette année le 30 novembre dernier, 1er dimanche de l’Avent, et qui se terminera avec la fête de la Présentation de Jésus le 2 février 2016. Le pape François nous propose trois objectifs pour cette Année de la Vie consacrée : regarder le passé avec reconnaissance; vivre le présent avec passion; embrasser l’avenir avec espérance.

Ces objectifs m’interpellent au moment où la population du Québec vit un temps de mécontentement à cause des compressions de l’État, et des mesures d’austérité annoncées par le gouvernement. Ces mesures de redressement budgétaire s’annoncent fort douloureuses, spécialement pour nous qui vivons en région. Une importante manifestation citoyenne aura d’ailleurs lieu jeudi le 11 décembre à Mont-Laurier.

Nous avons une mémoire collective à guérir au Québec. Ma mère m’a donné naissance dans un hôpital bâti et géré par les Sœurs Marianites de Sainte-Croix. J’ai fait ma 1ère année primaire chez les Sœurs de Sainte-Croix. En réponse à la question titre; il y a fort à parier que votre première « maîtresse d’école » a été une religieuse !

J’ai poursuivi mon primaire dans une école fondée par les Frères du Sacré-Cœur. J’ai fait mes études secondaires au Séminaire Saint-Joseph qui est devenue la Polyvalente de Mont-Laurier. Cette institution scolaire a été fondée et soutenue généreusement par les prêtres diocésains. À l’époque de notre enfance et de notre adolescence, ceux et celles qui soutenaient et animaient les terrains de jeux (OTJ), les divers mouvements de jeunesse et la vie culturelle étaient régulièrement des religieuses, des religieux et des prêtres.

D’autant cette année de la Vie Consacrée, et tout en faisant la part des choses et les distinctions en ce qui concerne notre histoire nationale et collective, je suis reconnaissant à l’égard des membres des communautés religieuses, comme des prêtres de nos paroisses, pour tout ce qui a été vécu comme dévouement, de même que pour leur générosité à l’égard des institutions de nos communautés locales et paroissiales. Portons un juste regard sur l’historique des institutions scolaires et hospitalières, et sur les centres d’hébergement pour les personnes seules, handicapées et âgées.

Dans les journaux, comme sur les ondes, les éditorialistes commentent abondamment les dessous de l’austérité qui nous sera imposée. Je pose cette question qui ne réglera pas le déficit budgétaire du gouvernement : ce contexte pénible pourrait-il être l’occasion de regarder notre passé avec reconnaissance ?

La prochaine venue d’un film documentaire « L’Heureux Naufrage » sera proposé ici et là dans le diocèse au cours des prochains mois. Des gens de chez-nous y livrent leurs réflexions sur la quête de sens, sur la spiritualité, sur Dieu, et sur des pistes de réponses sur le vide spirituel de notre société. Ne manquez pas ce rendez-vous!

Vivons le temps présent avec passion et embrassons l’avenir avec espérance.

Joyeuse Nativité.

Marc Richer