En Haute-Gatineau, Sainte-Marie-de-l’Incarnation œuvre encore en charité appliquée à la vie courante!

SiroisJean-RenéC’est une grande faveur pour les paroissiens de la région sud de la Haute-Gatineau d’avoir pour patronne cette femme exceptionnelle* qui a profondément marqué notre pays et sa population à son origine et dont l’influence a été considérable sur plusieurs générations après elle et, je dirais jusqu’à maintenant, puisque l’œuvre qu’elle a largement contribuée à mettre en place au milieu du XVIIe siècle à Québec, continue aujourd’hui pour le bénéfice de nombreux enfants qui y reçoivent encore une formation de base de très haute qualité au Monastère des religieuses Ursulines à deux pas du Cap Diamant, de la Terrasse Dufferin et du célèbre Château Frontenac…

Sainte Marie-de-l’Incarnation est une Tourangère, i.e. originaire de Tours dans le sud de la France. Elle a eu, dès son tout jeune âge, d’importantes expériences mystiques qui ont eu une influence sur elle toute la durée de sa vie.

En 1617, à l’âge de dix-huit ans, elle épouse Claude Martin, Maître soyeux (travail de la soie); deux ans plus tard elle donne naissance à un fils : Claude et son époux décède la même année. Elle continue d’avoir des expériences mystiques très importantes et une intense vie de prière, tout en devenant gérante d’une entreprise appartenant à son beau-frère (époux de sa sœur). Très douée pour l’efficacité de l’action, elle redonne à cette entreprise de transport, une certaine prospérité, tout au moins elle la sauve de la faillite. S’étant déjà engagée devant Dieu à poursuivre sa vie dans le célibat et la chasteté, à l’âge de trente ans, elle cède au désir brûlant qui l’habite depuis longtemps de devenir religieuse. Son fils étant âgée de 11 ans peut mieux s’adapter à son départ et à vivre sous la gouverne de sa tante maternelle (sœur de Marie), même si ce ne fut pas sans protestations de sa part.

La communauté à laquelle elle se joint est celle des Ursulines qui ont un monastère à Tours. Tiraillée par ce qu’elle pressent comme des appels de Dieu, elle concrétise un projet de s’embarquer, avec deux compagnes, sur un bateau en direction du Canada : pays sauvage et réputé très difficile où une petite communauté française vit tant bien que mal depuis la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1608. Les difficultés et les tracasseries de toutes sortes n’ont pas manqué avant le départ et se poursuivent lors de l’installation dans une première résidence des plus modestes.

La mission à laquelle elle se consacre a pour but premier d’apporter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à une population autochtone diversifiée, et de culture évidemment très étrangère aux valeurs qu’elle porte et veut transmettre. Les populations locales accueillent plutôt bien ces femmes reconnues courageuses, généreuses et totalement dédiées à cette mission évangélisatrice. Elles accueillent donc rapidement de jeunes filles autochtones que leurs parents n’hésitent pas à leur confier; et bientôt, les demandes dépassent largement les capacités de les accueillir.

Après trois ans, la communauté aménage dans une nouvelle bâtisse sur les hauteurs du Cap Diamant où est encore le monastère actuel. Elles connaîtront des difficultés multiples dont celle de l’incendie de l’édifice en 1650, qui laisse toutes les occupantes sans toit le dernier jour de l’année, en plein hiver. Cette dure épreuve est accueillie par la communauté très croyante avec un Te Deum (chant de louange au Père).

Mère de L’Incarnation mènera de front différentes tâches très lourdes, dont l’administration de l’Institution religieuse avec toutes les situations angoissantes qui s’y rattachent, l’enseignement aux jeunes filles autochtones et françaises : sa tâche préférée. Elle entretient une très imposante correspondance avec de nombreuses personnes, totalisant probablement plus de mille lettres dont les deux-tiers auraient été perdues. Les plus importantes sont adressées à son fils Claude, devenu lui-même moine bénédictin, qui écrira plus tard la vie de sa mère dans une perspective de témoignage de l’action de Dieu dans le cœur de cette femme exceptionnelle.

Parmi ses entreprises, il ne faudrait pas passer sous silence, à part sa correspondance, ses précieux écrits sur sa vie de relation à Dieu qui se veulent surtout un vibrant témoignage de l’Amour incommensurable de Dieu notre Père pour toutes ses créatures terrestres… Aussi, pour mieux communiquer avec les peuples autochtones, «elle apprend les langues des Hurons, des Montagnais, des Algonquins et des Iroquois. Elle rédige des dictionnaires bilingues, des grammaires, des catéchismes pour ses compagnes.»

Ses écrits sont aussi une importante source historique pour la vie en Nouvelle France, tel que vécue au quotidien par la population locale. À sa mort, en 1672, elle laissera donc un héritage considérable de foi et de tradition implantée solidement chez une population qui grandira, jusqu’à ce jour, sous l’influence, souvent non identifiée, mais pour sûr bien réelle, de cette pionnière de la vie à la manière évangélique, i.e. vécue dans la charité appliquée à la vie courante.

Oui! Les gens de la Haute-Gatineau peuvent être très fiers d’avoir pour patronne cette femme choisie et bénie par son divin Maître pour le bénéfice de cette nation canadienne et québécoise et modèle d’autonomie féminine éclairée par l’Évangile. De plus, elle n’est pas qu’une femme du passé et pour le rappeler, j’emprunte cette citation de notre évêque, Mgr Paul Lortie: «elle devient un témoin, un modèle et une inspiration pour transmettre la foi aujourd’hui en tenant compte des coutumes et de la culture des gens à qui on annonce la Bonne Nouvelle de l’évangile.»

En conclusion, je cite le pape François à la fin de son homélie à l’occasion de la messe d’action de grâce pour les deux nouveaux saints canadiens** en octobre 2015: «Prions le Seigneur pour que le Québec revienne sur ce chemin de la fécondité, pour donner au monde de nombreux missionnaires. Que ces deux-ci qui ont – pour ainsi dire – fondé l’Église du Québec, nous aident comme intercesseurs. Que la graine semée croisse et donne comme fruit de nouveaux hommes et femmes courageux, clairvoyants, avec le cœur ouvert à l’appel du Seigneur. Aujourd’hui, on doit demander cela pour votre pays. Eux, du ciel, seront nos intercesseurs. Que le Québec redevienne cette source de bons et de saints missionnaires.» 

Jean-René Sirois

* On sait que depuis le 1er juillet dernier, est entré en vigueur le décret de notre évêque, Mgr Paul Lortie, donné le 26 janvier 2016, officialisant le regroupement des anciennes paroisses La Visitation de Gracefield (incluant l’ancienne desserte de N.-D.-du-Perpétuel-Secours de Point-Comfort), Saint-Félix de Blue Sea et Saint-Gabriel de Bouchette : qui deviennent ou demeurent des communautés conservant leur ancienne appellation, pour former une nouvelle paroisse sous le patronyme : Sainte-Marie-de-l’Incarnation.

** Sainte-Marie-de-l’Incarnation canonisée par un décret du pape François, en même temps que François de Laval.

Les Richelieux et les jeunes moins favorisés!

NdayiragijeGilbertILe club Richelieu de Mont-Laurier a été fondé en 1948. Il fait partie de la grande chaîne du mouvement Richelieu qui existe à travers toute la francophonie. En plus de travailler à la promotion du français et au développement de la personnalité de ses membres, ce club comme la plupart des autres a pour mission de venir en aide aux jeunes et plus particulièrement à ceux qui sont moins favorisés.

Pour ce faire, il organise des activités de financement dont le festival de homard qui a eu lieu le 11 mai dernier. Les profits générés par cette soirée serviront entre autres à doter d’ordinateurs portables les élèves d’une école de Mont-Laurier pour utilisation scolaire, de bourses d’études à des jeunes méritants et à commanditer le tournoi annuel de hockey junior qui se déroule en janvier de chaque année.

Cette activité qui rassemble chaque année autour de 400 personnes en majorité des hommes et des femmes d’affaires, est une occasion parmi tant d’autres, pour montrer leur générosité envers les pauvres. En effet, plus d’une personnes sont tentés de penser que les personnes aisées financièrement ne sont plus sensibles aux besoins des autres. Eh bien non! Ces Richelieux ont travaillé fort, ils ont dépensé beaucoup d’énergie et d’argent, non pas pour le plaisir de manger le homard, mais pour venir en aide à cette jeunesse. Oui ces hommes sont des catholiques éclairés par la parole de notre Seigneur : « Tout ce que tu as fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que tu l’as fait ».Mt25,40.

On n’est porté à penser que le souper homard coûte cher :125$. Oui c’est cher pour un seul souper qui ne contient même pas un verre de vin. Non ce n’est pas cher parce que ce n’est pas le homard qui coûte ces dollar, mais cette noble cause de venir en aide à cette jeunesse défavorisée. Oui c’est cher la formation et certains jeunes ont besoin des hommes et des femmes de charité pour avoir accès à l’éducation comme les autres.

La dignité de l’être humain ne dépend pas de sa situation économique. Mes félicitations à tous les richelieux qui ont organisé cette activité et je remercie sincèrement tous les participants pour la réussite de cette soirée.

Gilbert Ndayiragije

« Mettez du lard dans notre poche ! »

Novembre est souvent considéré comme un mois terne, tout est gris, tout s’endort, c’est le mois des morts. Novembre, c’est aussi le début des grandes guignolées. Celles des Médias qui est maintenant archi-connue, mais aussi celles des Chevaliers de Colomb, des Filles d’Isabelle, de la Saint-Vincent-de-Paul. C’est la période de l’année où on est invité à ouvrir notre cœur pour penser un peu à tous ceux qui n’ont pas la chance de toujours bien manger.

La guignolée tire son origine des campagnes. Les gens se réunissaient sous la présidence du curé, la veille du Nouvel An, afin d’amasser de la nourriture pour les pauvres de la paroisse. La première guignolée québécoise aurait été organisée dès le début du 19ième siècle. Les villageois passaient de porte en porte, chantant des cantiques de Noël, et amassant des denrées pour les nécessiteux. Une chanson traditionnelle, spéciale pour l’occasion, était habituellement chantée par les volontaires : « Bonjour le Maître et la Maîtresse, et tout le monde la maison. Pour le dernier jour de l’Année, la Guignolée vous nous devez. La guignolée, la guignoloche, mettez du lard dans notre poche ! »

Aujourd’hui, les manières de faire la guignolée ont bien changé : rare voit-on les guignoleux avec une tuque rouge et une cloche. C’est encore plus rare d’entendre la fameuse chanson traditionnelle. Aujourd’hui, on ne passe plus de porte en porte, mais plutôt de voiture en voiture. Malgré ces nouvelles façons de faire la guignolée, le principe reste le même : se mobiliser par amour gratuit du prochain.  Ainsi, la guignolée conserve ses racines chrétiennes, tout en bénéficiant de l’apport de différents milieux et surtout du soutien des médias. Les gens mettent  ainsi leurs rivalités de côté une fois l’an pour coordonner leurs efforts dans cette quête pour les moins favorisés.

Jean-François Roy

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