Journée mondiale des personnes malades – « Guichet libre-service »

lafontainemichelDepuis plus de 20 ans, à l’initiative de Jean-Paul II, le 11 février est consacré comme une journée de sensibilisation mondiale à la cause des personnes malades et du rôle « vocationnel » du personnel qui en prend soin. La semaine dernière, la Cour suprême du Canada a ouvert la porte au « libre-service », i.e. qu’elle a dit oui à ce qu’on appelle « l’aide médicale à mourir ». La Presse + qualifie même cette décision d’ « énorme victoire » par les défenseurs des droits des patients. Un homme atteint de la terrible maladie de Lou Gehrig s’exprime : « C’est comme un passeport. Je pourrai l’utiliser si je veux. Mais je ne serai pas obligé. »

D’autre part, à l’occasion de la semaine de prévention du suicide, un auteur et enseignant en sociologie, Vincent Paris, affirme dans une lettre ouverte : « Les vrais tabous du suicide »,  que le suicide « n’est pas un problème de santé mentale, mais bien de santé sociale. » Curieusement, le taux de suicide est plus élevé aux beaux jours de l’été que pendant le mois de froid extrême de février…Il écrit également que la famille, l’entourage de proches, un climat social sain, s’avèrent le meilleur rempart pour atténuer le goût d’en finir et de mourir.

Profitons de l’occasion de la journée mondiale des malades 2015 pour réfléchir sur les valeurs évangéliques axées sur le « prendre soin » du prochain. La pastorale, le pasteur, et les soignants sont tous « des intervenants en soins spirituels » en quelque sorte. Ils contribuent à donner du sens à ce qui n’a pas de sens, à trouver des forces vives enfouies au cœur de la personne et à se rattacher à sa spiritualité, ses croyances, ses valeurs. La foi chrétienne amène les croyants à faire tout ce qui est possible pour soulager la douleur physique et la souffrance du cœur… Découvrir de nouveaux médicaments qui soulagent, investir davantage et rendre accessible à plus de personnes à de véritables soins palliatifs humanisés qui apportent le soulagement non seulement médical, mais une présence humaine et compatissante.

Les évêques du Canada ont réagi fortement à la décision de la Cour Suprême : ils disent clairement qu’il faut promouvoir les meilleurs soins en fin de vie.  Le « guichet libre-service » doit aussi posséder un bouton supplémentaire : «Je veux des soins palliatifs professionnels et rassurants» pour vivre la dernière étape de ma vie. S’il y a un seul choix : l’aide médicale à mourir, qui s’appelait autrefois « euthanasie » peut apparaître comme un passeport… Quoi en penser? Se réjouir, se sentir soulagé ou s’inquiéter du déclenchement d’une lumière jaune ou rouge?

Michel Lafontaine