L’eau, un bienfait inestimable à protéger, à veiller et à admirer!

Mgr Paul LortieL’eau est indispensable et fascinante. Prenons le temps de mesurer à quel point nous sommes en lien avec elle chaque jour. Comme nous sommes un pays de lacs et de rivières, nous avons le sentiment que l’eau est inépuisable. Pourtant, les protecteurs de l’environnement de la nature rappellent que si nous ne sommes pas prudents, la qualité de l’eau pourrait être compromise à brève échéance.

Apprécions-nous les usages variés que nous faisons de l’eau? L’eau favorise notre confort, notre alimentation et notre détente. L’eau attire, séduit, désaltère, lave et transforme. Constatons le nombre important de fois où nous utilisons l’eau : le verre d’eau qui étanche la soif, la douche qui purifie et renouvelle, le café, le thé et la tisane que l’on savoure, le lever ou le coucher de soleil ou de la lune sur un plan d’eau enchante le regard. L’eau est vraiment une source de vie. L’eau ne cesse de nous surprendre et de nous émerveiller. Discrète, puissante et féconde, elle assure la végétation et nous permet de déguster allègrement fruits et légumes. Elle contribue aux couleurs chatoyantes des fleurs et à leur parfum exquis.

Ce portrait sommaire révèle des bienfaits de l’eau. Éveille-t-il davantage nos devoirs et responsabilités pour ne pas gaspiller, polluer et protéger l’eau afin d’en assurer la qualité et une préservation de qualité?

Y a-t-il des pas à faire pour que l’eau soit défendue et promue afin d’assurer qualité et longévité à cet élément de la nature si précieux? À titre incicatif, pouvons-nous diminuer la quantité d’eau pour les usages quotidiens, pour les dents, le corps, le lavage des vêtements et de la vaisselle ou encore pour l’entretien de la pelouse et de l’automobile? Avons-nous des sentiments d’admiration et d’émerveillement à l’égard du génie humain qui transforme l’eau en électricité?

Cultivons-nous une vigilance accrue pour améliorer nos comportements des usages afin que l’eau soit encore un bienfait inestimable respecté par tous et toutes en nous informant davantage et en sensibilisant nos proches? Y a-t-il d’autres attitudes à promouvoir, d’autres gestes à poser et des comportements à faire nôtres pour que notre « sœur » l’eau soit mieux protégée et sauvegardée? Avez-vous d’autres suggestions qui nous inciteraient à une action encore plus audacieuse et pertinente pour assurer un avenir à l’eau?

Devant le rappel de tant de bienfaits reçus et de beautés contemplées grâce à « l’or bleu » puissions-nous, comme chrétiens, remercier le Créateur de nous avoir donné l’eau ! Béni sois-tu Dieu pour cette eau limpide, source de vie essentielle chaque jour.

Paul Lortie

Écolo…si, si, si!

ChalifouxAndréEn mai dernier, le pape François lançait son document Laudato si (Loué sois-tu) à la surprise générale. Avec tant de problèmes sociaux, politiques et religieux majeurs actuels, un pape n’a-t-il pas autre chose à faire que de parler d’écologie et d’environnement?

Depuis un certain temps, l’écologie prend une place de plus en plus importante dans nos sociétés. L’actuelle campagne électorale a dû en tenir compte, ne serait-ce qu’à cause du rejet dans le Saint-Laurent projeté ce mois-ci à Montréal de milliards de litres d’eaux usées non traitées . Et que dire de la monumentale tricherie de Volkswagen sur les émissions de gaz de ses autos qui a provoqué un véritable tsunami d’indignation mondiale.

Dans les années 1964-67, alors que j’étais directeur de bibliothèque, j’ai souvenir d’avoir vu pour la première fois le mot « écologie » dans un livre bien mince qui portait sur ce qu’on appelait à l’époque « les petites matières », nommément les sciences naturelles. J’ai dû recourir à mon dictionnaire pour savoir de quoi il s’agissait!

Plus tard j’avais trouvé pour le moins étonnant de retrouver mon confrère prêtre de Montréal, André Beauchamp, premier secrétaire en 1980 du ministère de l’environnement du Québec, puis membre d’importants organismes gouvernementaux ou universitaires en lien avec l’environnement. Exactement dans la ligne de Laudato si, mais bien avant lui. André Beauchamp considérait que l’avenir de notre planète, le sort de la création dans son état actuel constituait le signe des temps le plus fort de notre époque. Il plaide toujours pour le développement d’une véritable écologie chrétienne.

Et – encore peu de gens le savent – il existe un chantier pastoral nouveau, œcuménique, « Les Églises vertes », lancé à Montréal en 2009. À l’été 2011, Norman Lévesque, laïc théologien et environnementaliste, président de cet organisme depuis 2009, était venu rencontrer les autorités diocésaines à ce sujet. « Églises vertes » est maintenant reconnu par nos gouvernements comme organisme de bienfaisance en bonne et due forme. Mine de rien, l’écologie fait son chemin au sein même des diverses Églises chrétiennes de chez nous.

L’écologie, sans encore porter ce nom, existe pourtant depuis très longtemps, y compris dans le monde biblique ancien. Quelques versets : «  Pendant six ans, tu tailleras ta vigne et tu en ramasseras la récolte; la septième année sera un sabbat de repos pour la terre » (Lévitique 25,34). « Toute la faune périt à cause de la méchanceté de ses habitants » (Jérémie 12, 4). « Mais interroge donc les bestiaux, ils t’instruiront, les oiseaux du ciel, ils t’enseigneront. Cause avec la terre, elle t’instruira, et les poissons de la mer te le raconteront » (Job 12, 7-8). Ajoutons notamment les récits de la création du monde, l’histoire de l’arche de Noé, l’entrée dans la terre promise « où coule le lait et le miel », la parabole du semeur et les nombreuses références de Jésus à la nature.

Le pape François est particulièrement conscient des graves dangers qui guettent et attaquent déjà notre planète unique. Il les énumère longuement. Et il fait appel, à la lumière de la foi, à la justice entre les générations, au principe du bien commun, à la politique internationale, à la nécessité de modifier notre style de vie et à la nécessaire conversion écologique. Alors là, il a bien raison d’intervenir.

Comme disait le pape à une journaliste de Paris Match le 9 octobre dernier: « Le système mondial actuel est insoutenable. ». Et au sujet de la conférence internationale de Paris sur le climat de novembre prochain : « J’espère vraiment que ce sommet pourra contribuer à des choix concrets, partagés et visant, pour le bien commun, le long terme. Y contribuent de nouvelles modalités de développement afin que tant de femmes, d’hommes et d’enfants souffrant de la faim, de l’exploitation, des guerres, du chômage, puissent vivre et grandir dignement. Y contribuent de nouvelles modalités pour mettre fin à l’exploitation de notre planète. Notre maison commune est polluée, elle ne cesse de se détériorer. On a besoin de l’engagement de tous. Nous devons protéger l’Homme de sa propre destruction.».

Laudato si!   Écolo, si, si, si!

André Chalifoux