Le tournant missionnaire : travailler en équipe en étant unis (deuxième partie)

Tous les diocèses du Québec ont choisi de relever le défi de vivre le tournant missionnaire (TM) des communautés chrétiennes pour donner un souffle nouveau aux paroisses en impliquant tous les baptisés pour l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. En s’appuyant sur ce don précieux de notre baptême où nous sommes devenus des enfants bien-aimés de Dieu et avons découvert et expérimenté l’amitié du Seigneur, nous désirons et souhaitons ardemment que d’autres s’ouvrent et vivent la même expérience personnelle et spirituelle avec ce Dieu bon et miséricordieux. Tout naturellement, nous voulons partager notre trésor de foi aux autres. Pour relever ce beau défi : unissons-nous et travaillons ensemble!

Jésus nous donne l’exemple de travailler ensemble dans l’unité. Le Seigneur envoie ses amis annoncer la bonne nouvelle en petits groupes : « Il les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller » (Lc 10, 1). Cette pédagogie est féconde : leur amour devient un lumineux témoignage de joie et d’entraide. À l’heure de l’épreuve, la fraternité permet plus facilement de surmonter les obstacles qui jalonnent notre mission de faire connaître Jésus aujourd’hui. Jésus y tient vraiment à l’unité de ses amis. Dans la dernière prière qu’il adresse à son Père avant de mourir pour nous sur la croix, il prie aussi pour nous : « Père, comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde… je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient UN. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 18.20-21).

Le pape François fait sien l’appel à travailler ensemble dans l’unité sous l’action de l’Esprit Saint. Dans son exhortation apostolique La joie de l’évangile, il écrit : « Être Église c’est être peuple de Dieu, en accord avec le grand projet d’amour du Père… L’Église doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile » (EG 114).  « Nous sommes appelés à un changement du cœur que l’Esprit saura nous inspirer », TM, p. 6, no 2.

Notre propre expérience confirme les bienfaits appréciables de la vie fraternelle dans un milieu. La joie et la paix y sont davantage visibles. La fraternité suscite des valeurs qui ensoleillent notre vie quotidienne et apportent du bonheur à nos relations humaines : l’accueil, le respect de l’autre, la compréhension, l’écoute attentive, l’entraide, le partage et le service. S’appuyant sur l’amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint (Rm 5, 5) , la fraternité nous permet d’éliminer la solitude qui mine bien des personnes, favorise le dialogue constructif et bienveillant et prépare au pardon qui libère et rétablit l’unité.

L’appel à vivre le tournant missionnaire en travaillant ensemble dans l’unité est un défi stimulant, exaltant et interpellant. Sommes-nous conscients que cette responsabilité est liée à notre engagement de baptisé? Avons-nous déjà vécu une belle expérience d’unité dans notre vie personnelle, notre vie matrimoniale, notre vie familiale, notre vie paroissiale? Avons-nous le goût de vivre cette belle expérience de fraternité?

Bon été !

Paul Lortie

La fraternité a gagné!

ChalifouxAndréDans le cadre des activités au programme du centenaire de notre diocèse, avait lieu à Rivière-Rouge le 6 juillet dernier, de 9h à 13h, le Brunch familial diocésain avec la participation de notre évêque, Mgr Paul Lortie.

 Plusieurs de ces activités étaient plutôt d’ordre liturgique. Celle du 6 juillet avait une tout autre couleur et nécessitait une organisation très différente pour vivre tout spécialement la dimension « fraternité » qui fait partie, comme on sait, des quatre pôles de la vie chrétienne. On oublie parfois qu’en pratique cette dimension rejoint ce que déjà les Actes des apôtres faisaient remarquer à propos des premiers chrétiens:  « Ils s’appliquaient fidèlement à vivre dans la communion fraternelle« . (Act 2, 42)  Et on oublie qu’être fraternel c’ est aussi chrétien que de prier. 

Pour le brunch familial, il s’agissait de faire se rencontrer, au nom de leur foi et de leur appartenance à une même communauté diocésaine, des fidèles des quatre coins du diocèse en y incluant spécifiquement des enfants. Ce n’était pas évident par une belle journée chaude d’été où la piscine ou le lac pouvait avoir beaucoup plus d’attrait que de se retrouver à l’intérieur d’un aréna à partager un simple repas avec, pour beaucoup, des inconnus. Car, par exemple, Gracefield est bien loin de Sainte-Agathe-des-Monts, et Notre-Dame-du-Laus de Sainte-Anne-du-Lac. Mais un lien unissait les participants : tous des catholiques d’un même du diocèse à répondre à l’appel du Comité du centenaire et particulièrement de l’évêque, qui, au cours du brunch, a su intervenir de façon très pastorale pour rappeler la dimension chrétienne de ce brunch. 

L’organisation de la journée a été  remarquable, notamment pour rejoindre les enfants. Tout a concouru à vivre la fraternité et à faire un franc succès de cette activité, grâce à l’implication d’une grande équipe sous l’excellente animation de Claude De Grandpré. Une telle activité nous fait aussi nous rendre compte que pour vivre la fraternité, il faut se donner de la peine, y mettre du temps, faire confiance, comme pour illustrer les autres aspects de la vie chrétienne. 

Les prévisions les plus optimistes du Comité du centenaire se chiffraient à 500 participants. Ce nombre a été heureusement dépassé, dont la participation remarquable d’une grande ribambelle d’enfants.  Les participants au brunch vont sûrement se rappeler de cette activité qui donne de l’espérance. Au-delà des difficultés rencontrées en cours de route pour l’organisation, au-delà des inquiétudes à propos du nombre de participants et d’un déficit financier prévisible, c’est la fraternité qui a gagné. Et avec elle, tout le diocèse. Cela n’a pas de prix!

André Chalifoux

Logement à louer… Place Saint-Pierre !

lafontainemichel« Cité du Vatican. Très grande surface. Pièces aux dimensions multiples. Aubaine pour famille de 3 enfants et plus. Électricité et eau chaude comprises. Câble non fourni. Vue panoramique de la Place Saint-Pierre. Communiquez avec François, évêque de Rome. »

Depuis son élection, le pape François ne cesse de nous étonner par les « accommodements raisonnables » qu’il entend tenir pour montrer que son message « d’une Église pauvre pour les pauvres » ne s’avère pas qu’un slogan populaire.

Au moment de rédiger ces lignes, le nouvel évêque du diocèse de Rome n’avait toujours pas aménagé dans les appartements pontificaux réservés exclusivement aux papes. Une dérogation plutôt intrigante, puisque tous les pontifes antérieurs n’avaient jamais évoqué la possibilité de demeurer ailleurs que « prisonnier » à l’intérieur du Vatican… dans ces appartements, somme toute, sobres et modestes.

François, cependant, s’y perd, car c’est vraiment trop grand pour sa personne. Il vit seul, célibataire, et n’a besoin que d’un studio ou pas plus qu’un 2 ou 3 et demi pour satisfaire ses besoins comme personne humaine.

Avouons-le. Sur notre planète, des millions d’êtres humains n’ont pas de toit digne de ce nom, et plusieurs dorment à la belle étoile, dans des bidonvilles surpeuplés, des favelas affamées, et même dans les villes des contrées froides et humides… tandis que d’autres ne savent comment utiliser les dizaines de salles de bain à leur disposition dans leur château d’ivoire… En Amérique du Sud, en Afrique, et un peu partout sur la planète, les égouts de plusieurs quartiers pauvres se déversent dans des rigoles à ciel ouvert…

On me rétorquera : le Vatican est riche avec sa basilique, sa chapelle Sixtine et ses nombreux musées regorgeant de trésors appartenant à toute l’humanité. Malgré tout, le nouveau pasteur de l’Église universelle nous interpelle. Il nous invite à revenir aux valeurs essentielles dans un monde consommateur à outrance. Il nous indique que les atouts de Dame Pauvreté, comme aimait l’appeler saint François d’Assise, peuvent se vivre sous différentes formes, dans des milieux divers, ayant à cœur le partage, la solidarité, et la fraternité universelle.

En attendant de se convertir, s’il n’est pas déjà loué, un logement est disponible Place Saint-Pierre pour les intéressés !

N.B. Le Saint-Père se réserve quelques minutes chaque semaine pour présider l’angélus dominical à l’une des fenêtres des appartements pontificaux.

Michel Lafontaine

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