Soyons vigilants : choisissons de rédiger nos dernières volontés et nos préarrangements funéraires!

Mgr Paul LortieDepuis toujours, la célébration des funérailles doit être adaptée aux circonstances de personnes et de lieux et tenir de la diversité des situations et des usages. Aujourd’hui, l’Église est confrontée à une nouvelle approche pastorale avec l’adoption de la loi C-14 autorisant le recours à l’aide à mourir et au suicide assisté : elle est appelée à considérer la demande de fidèles ayant choisi cette modalité pour mettre fin à leur vie tout en voulant aussi la célébration de leurs funérailles à l’église. L’Église et ses pasteurs avec le malade sont appelés à vivre un discernement pastoral imprégné de vérité, d’accueil, d’écoute, d’accompagnement, de compassion et de miséricorde. Chaque demande est unique et devrait être considérée attentivement en tenant compte de la foi de l’Église et des motivations des malades qui en font la demande. En ayant pesé le pour et le contre : L’Église peut répondre favorablement à cette nouvelle situation créée par la loi C-14.

Au terme de notre pèlerinage sur la terre, comme baptisés, la mort constitue la naissance au ciel du chrétien, l’achèvement de sa Pâque. Les funérailles ne peuvent que célébrer le mystère pascal du Christ. On prie donc pour que les défunts passent avec le Christ de la mort à la vie, qu’ils soient purifiés et rejoignent tous les saints et les saintes dans le Royaume des cieux dans l’attente de la résurrection des morts et la bienheureuse espérance du retour du Christ.

Cette orientation est possible car l’écoute de la Parole de Dieu procure vérité, paix, force et espérance. Nous percevons mieux que Dieu est miséricorde. La lecture du récit de la passion de Jésus avant sa mort en croix pour notre salut révèle sa bonté infinie et sa compassion exemplaire. Jésus a eu peur de mourir (Mt 26, 38) et il a mis toute sa confiance en son Père pour assumer sa volonté.

Il a aussi prié humblement son Père pour ses bourreaux : «  Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Il accueille sans condition le bon larron repentant qui lui dit : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras avec ton Royaume » et Jésus de lui répondre : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,42-43). Son enseignement le confirme . Pensons à cette parole : « Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de miséricorde » (Lc 15, 7).

En regard de notre propre mort, n’attendons pas à la fin de la vie pour déterminer nos dispositions personnelles en regard de nos arrangements funéraires.

Pour aller plus loin dans notre réflexion :

-Est-ce que j’envisage de rédiger par écrit mes dernières volontés concernant les soins de fin de vie et les rites funéraires que je désire?

– La consultation du dossier de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec : Approcher de la mort avec le Christ peut aider à une réflexion plus éclairée sur les soins de fin de vie à la lumière de la Parole de Dieu et de connaître les services offerts par l’Église.

Paul Lortie