Et si on parlait… sport!

MorinAlainEt plus particulièrement de… hockey, en ce temps des séries de la Coupe Stanley. Le hockey, ce sport que tout jeune québécois apprenait à pratiquer dès qu’il pouvait donner ses premiers coups de patins. Et, évidemment le hockey du « Canadien» qui, dès 1956, faisait de moi un très jeune partisan par le truchement du premier téléviseur que mes parents avaient pu se procurer.

Pour les « fans » de ma génération, parler de hockey, c’est évidemment parler des « séries de la coupe Stanley » auxquelles le « Canadien » était « abonné » presque de droit divin. Et sur lesquelles il régnait de façon impériale, presque outrageusement, tellement l’équipe était dominante. À preuve: au cours des 30 séries éliminatoires annuelles auxquelles elle a participé entre les années 1955-56 et 1985-86, elle a remporté la Coupe Stanley à 16 reprises, pour un taux d’efficacité de 53%. Sans oublier la séquences de cinq conquêtes successives entre les saisons 1955-56 et une autre série de quatre conquêtes successives au cours des saisons 1975-76 à 1978-79.

C’est dire à quel point ceux et celles de ma génération ont été « choyés » d’être les témoins privilégiés des performances étincelantes des Jacques Plante, Maurice Richard, Jean Béliveau, Bernard Geoffrion, Doug Harvey, Dicky Moore, Ken Dryden, Guy Lafleur, Steve Shutt, Jacques Lemaire, Serge Savard, Guy Lapointe, Larry Robinson, Patrick Roy. On comprend mieux aussi pourquoi le hockey tient une place si importante dans la culture québécoise: pour des milliers et des milliers d’hommes et de femmes du Québec, il s’avéra un puissant vecteur de l’affirmation « nationale ». Il fut d’ailleurs un temps où, en compagnie du catholicisme, ce sport était une des composantes majeures de l’identité québécoise.

Mais autre temps, autre réalité puisque, aujourd’hui, sous la contrainte des puissantes « forces du marché » qui se sont exercées sur lui et qui l’ont profondément transformé, ce sport est désormais devenu, d’abord et avant tout, une affaire de « gros sous », tant pour les joueurs que pour les propriétaires. Et jeudi le 16 mai dernier, c’est un club « Canadien » meurtri et amoché qui rendait les armes en cinq parties devant les « Sénateurs » d’Ottawa. Amère déception pour tous ces « fans » d’aujourd’hui dont les attentes étaient disproportionnées face aux capacités intrinsèques de leur club favori. Mais lueur d’espoir pour un club qui « revient de loin » et qui n’a pas goûté à l’euphorie d’une autre conquête de la Coupe depuis la saison 1992-93, (20 ans). Comme le disait l’entraîneur Michel Therrien, avec beaucoup de lucidité, au moment de la reddition: « Il reste encore beaucoup de travail à faire. » Que dire de plus ?

Alain Morin

Que d’argent et pourquoi ?

Une fois la saison de hockey terminée, on croirait bien que la page est tournée pour quelques mois. C’est loin d’être le cas. Il ne se passe pas une journée sans que la section des nouvelles du sport n’active l’affaire. C’est le temps de faire les congédiements, d’engager les nouveaux directeurs généraux, les entraîneurs.

C’est le temps aussi du repêchage, des transactions, des changements de clubs, et surtout de prendre connaissances des nouvelles signatures de contrats. Des sommes très importantes sont accordées tel ou tel joueur. Prenons seulement l’exemple de Sidney Crosby qui vient de signer un contrat de douze ans pour une somme de 104 millions de dollars. Je reconnais qu’il est le plus grand joueur actuel, mais je ne miserais pas fort sur son état de santé. Nous ne pouvons pas lui reprocher d’empocher un salaire faramineux de la part d’un club veut de lui.

Il n’en reste pas moins que cette pluie de millions accordés à des joueurs de hockey, et c’et la même chose dans d’autres sports, me laisse perplexe. Je sais bien que les Romains demandaient des jeux, mais ils exigeaient aussi du pain. Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression que les amateurs veulent avant tout des jeux. Et nous devons nous questionner sur quelles sortes de jeux, tant  les batailles y sont tolérées, demandées ou exigées.

En même temps, pour montrer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous devons demander du pain, c’est-à-dire une plus grande justice sociale, un meilleur partage des biens. Il est certain qu’il faut des riches dans notre société. Il faut aussi savoir qui sont les riches que nous voulons favoriser.

Gilbert Patry

%d blogueurs aiment cette page :