Un roi partit en guerre contre un autre roi !

jeanfrancois« La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal! » Chers lecteurs, sortez cette réplique à un jeune de ma génération – parce que malgré l’apparition de mes premiers cheveux blancs, je me considère encore comme un jeune ! – et d’emblée, un sourire apparaîtra sur ses lèvres, une profonde nostalgie envahira son cœur et une envie presque vitale de revoir ce film d’André Melançon se manifestera aussitôt.

La guerre des tuques a bercé des années durant mes vacances de Noël, et je dois vous confier secrètement que du haut de mes 30 ans (en passant, le film à le même âge que moi!), ciné-cadeau demeure un moment très réconfortant dans ma vie, surtout quand je suis bien emmitouflé dans une doudou, un christmas tea au creux des mains. Le temps passe, je vais célébrer mon 31ième Noël, mais la réplique reste, et est toujours d’actualité : « La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal ! »

 Aujourd’hui, c’est le 11 novembre. Aujourd’hui, on se souvient qu’il y a eu une grande guerre il y a de cela exactement 100 ans. Aujourd’hui, on se souvient que le Canada y a pris part, activement. Aujourd’hui, on se souvient que l’assassinat de François-Ferdinand de Habsbourg, Archiduc d’Autriche, a causé plus de 18 millions de morts sur la planète. Quand j’y pense! Un meurtre politique qui entraine 18 millions de morts! Aujourd’hui, je me souviens… Aujourd’hui, je me souviens… que le Canada est en guerre contre l’État Islamique!

Est-ce que cette guerre est plus juste que celle dont nous célébrons l’amnistie aujourd’hui ? Je laisse ça aux politicologues et aux moralistes, mais une chose est certaine, selon moi, le Canada se devait d’intervenir afin de protéger les droits, la liberté et la dignité de la personne humaine, et ce, malgré tout ce que les grands idéalistes de la société peuvent en dire.

Parfois, il devient légitime d’arrêter l’agresseur injuste. Je ne dis pas ici bombarder ou faire la guerre, mais arrêter. Les moyens par lesquels l’agresseur doit être arrêté doivent toujours être évalués, et la manière de stopper l’ennemi est aussi importante que le résultat qui en découle. « Quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. » (Lc 14, 31-32) La guerre peut être juste, elle n’est pas obligée d’être sanglante !

La réplique de La guerre des tuques prend alors tout son sens : « La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal ! »

Jean-François Roy