Logement à louer… Place Saint-Pierre !

lafontainemichel« Cité du Vatican. Très grande surface. Pièces aux dimensions multiples. Aubaine pour famille de 3 enfants et plus. Électricité et eau chaude comprises. Câble non fourni. Vue panoramique de la Place Saint-Pierre. Communiquez avec François, évêque de Rome. »

Depuis son élection, le pape François ne cesse de nous étonner par les « accommodements raisonnables » qu’il entend tenir pour montrer que son message « d’une Église pauvre pour les pauvres » ne s’avère pas qu’un slogan populaire.

Au moment de rédiger ces lignes, le nouvel évêque du diocèse de Rome n’avait toujours pas aménagé dans les appartements pontificaux réservés exclusivement aux papes. Une dérogation plutôt intrigante, puisque tous les pontifes antérieurs n’avaient jamais évoqué la possibilité de demeurer ailleurs que « prisonnier » à l’intérieur du Vatican… dans ces appartements, somme toute, sobres et modestes.

François, cependant, s’y perd, car c’est vraiment trop grand pour sa personne. Il vit seul, célibataire, et n’a besoin que d’un studio ou pas plus qu’un 2 ou 3 et demi pour satisfaire ses besoins comme personne humaine.

Avouons-le. Sur notre planète, des millions d’êtres humains n’ont pas de toit digne de ce nom, et plusieurs dorment à la belle étoile, dans des bidonvilles surpeuplés, des favelas affamées, et même dans les villes des contrées froides et humides… tandis que d’autres ne savent comment utiliser les dizaines de salles de bain à leur disposition dans leur château d’ivoire… En Amérique du Sud, en Afrique, et un peu partout sur la planète, les égouts de plusieurs quartiers pauvres se déversent dans des rigoles à ciel ouvert…

On me rétorquera : le Vatican est riche avec sa basilique, sa chapelle Sixtine et ses nombreux musées regorgeant de trésors appartenant à toute l’humanité. Malgré tout, le nouveau pasteur de l’Église universelle nous interpelle. Il nous invite à revenir aux valeurs essentielles dans un monde consommateur à outrance. Il nous indique que les atouts de Dame Pauvreté, comme aimait l’appeler saint François d’Assise, peuvent se vivre sous différentes formes, dans des milieux divers, ayant à cœur le partage, la solidarité, et la fraternité universelle.

En attendant de se convertir, s’il n’est pas déjà loué, un logement est disponible Place Saint-Pierre pour les intéressés !

N.B. Le Saint-Père se réserve quelques minutes chaque semaine pour présider l’angélus dominical à l’une des fenêtres des appartements pontificaux.

Michel Lafontaine

Carême et jeûne: privation ou partage?

NdayiragijeGilbertIAu début de ce carême, j’ai demandé à certains de mes amis Lauriermontois ce qu’est le jeûne pour eux. Unanimement, ils m’ont indiqué que le jeûne est un temps de privation ou de sacrifice. Ils se privent de manger de la viande le mercredi des cendres et les vendredis, les desserts, les chocolats, ils se privent même de fumer pendant le carême.

Ils ont voulu savoir comment ça se fait dans mon pays. Après avoir expliqué que dans mon pays les desserts et les chocolats sont rares ou inexistants pour la majorité de la population, j’ai répondu que ce serait insensé de demander aux gens de se priver de quelque chose auquel ils n’ont pas accès. Concernant la viande, beaucoup de personnes n’ont pas de moyens pour s’acheter de la viande régulièrement et peuvent passer plus de 6 mois sans manger un morceau de viande. Là aussi on ne peut pas se priver de ce que l’on ne possède  pas.

Alors j’explique à base de trois exemples  que jeûner c’est se priver de quelque chose que l’on aime pour partager avec ceux qui sont dans le besoin. C’est se priver pour être plus généreux envers les pauvres. Au Grand Séminaire, pendant le carême, certains séminaristes se privaient de manger du pain le matin, de prendre un verre de bière le dimanche pour donner cet argent aux pauvres ou aux prisonniers. D’autres se privaient de faire le sport pour consacrer ce temps à cultiver les légumes, les patates, les tomates qui seront données aux pauvres. Bref, jeûner, ce n’est pas faire des économies mais c’est se priver pour partager, pour être plus généreux et plus attentifs aux pauvres.

Gilbert Ndayiragije

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