Le «printemps» du carré rouge…

Il y a un an, nous vivions le «printemps arabe», porteur de changements notables au plan international. Ces derniers mois, chez nous, l’ambiance se colorait de rouge… Connaîtrons-nous un automne également dans les mêmes teintes?… Plusieurs feuilles de nos chers érables canadiens rougiront sûrement, mais pour quel enjeu ? Naturel ou politique ?

Au cours des siècles, la couleur des drapeaux, des uniformes, du drapé royal et de la noblesse a su faire véhiculer des messages à la population, mais souvent équivoques. Notre histoire nous rappelle inévitablement les quiproquos enflammés entre les «rouges» et les «verts»… Des chicanes profondes ont divisées familles et communautés. Rappelons-nous qu’au temps de la Révolution française, la cocarde tricolore signifiait le changement, la liberté et la nouveauté. Les couleurs affichent des opinions, des conventions, des philosophies et des idées socio-politiques… Le rouge carré porté par la communauté étudiante québécoise n’est pas un signe anodin. Il a permis à une partie de la population d’être solidaire autour d’un objectif commun.

Mais la signification de la couleur change constamment. En liturgie, le rouge symbolise le martyre. Avec Lénine, le rouge a représenté le communisme. Cette couleur identifie facilement un parti politique. Colère, agressivité et amour ne sont-il pas symboliquement de même couleur rouge ? Et n’a-t-on pas revêtu le Christ de la Passion d’un manteau rouge ? Couleur du sang, couleur de la vie?

Mais qu’en est-il des autres couleurs de la palette infinie du spectre lumineux ? Le bleu, le vert, le blanc lancent aussi à l’humanité des messages en faveur de la paix, de l’écologie, de la fierté de certaines communautés autochtones qui revendiquent droits et protection ? Même au Vatican, la couleur exerce parfois un rôle primordial, par exemple, lors de l’élection d’un pape avec la fumée blanche ou noire… Et dans la tradition héraldique, la couleur des armoiries n’est pas de pure nature esthétique…

Notre printemps a apporté avec lui les fils du carré rouge… Je conclue en vous posant une question : quelle est la couleur du «carré» que vous portez présentement ? Quelle personne êtes-vous ? Quelles valeurs chrétiennes vous animent-t-elles ? Quelles sont vos opinions, votre philosophie, votre manière de concevoir la vie et l’humanité? Et Dieu, de quel couleur est-il ? Pour vous et pour lui ?…

Michel Lafontaine

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Que d’argent et pourquoi ?

Une fois la saison de hockey terminée, on croirait bien que la page est tournée pour quelques mois. C’est loin d’être le cas. Il ne se passe pas une journée sans que la section des nouvelles du sport n’active l’affaire. C’est le temps de faire les congédiements, d’engager les nouveaux directeurs généraux, les entraîneurs.

C’est le temps aussi du repêchage, des transactions, des changements de clubs, et surtout de prendre connaissances des nouvelles signatures de contrats. Des sommes très importantes sont accordées tel ou tel joueur. Prenons seulement l’exemple de Sidney Crosby qui vient de signer un contrat de douze ans pour une somme de 104 millions de dollars. Je reconnais qu’il est le plus grand joueur actuel, mais je ne miserais pas fort sur son état de santé. Nous ne pouvons pas lui reprocher d’empocher un salaire faramineux de la part d’un club veut de lui.

Il n’en reste pas moins que cette pluie de millions accordés à des joueurs de hockey, et c’et la même chose dans d’autres sports, me laisse perplexe. Je sais bien que les Romains demandaient des jeux, mais ils exigeaient aussi du pain. Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression que les amateurs veulent avant tout des jeux. Et nous devons nous questionner sur quelles sortes de jeux, tant  les batailles y sont tolérées, demandées ou exigées.

En même temps, pour montrer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous devons demander du pain, c’est-à-dire une plus grande justice sociale, un meilleur partage des biens. Il est certain qu’il faut des riches dans notre société. Il faut aussi savoir qui sont les riches que nous voulons favoriser.

Gilbert Patry

LE rendez-vous dominical de 2012, c’est TVA!

Cette année, nous voyons revenir sur les ondes du réseau TVA l’une des émissions télévisuelles la plus regardée de l’histoire de la télévision : Star Académie. Au moment de la première cuvée de cette émission française, adaptée à l’univers culturel québécois, j’étais moi-même un jeune adulte fréquentant le CEGEP. À cette époque, j’avais été saisi de voir qu’il était possible pour des jeunes d’à peu près mon âge, de pouvoir aller au bout de leur rêve, et de voir tous les efforts et toutes les énergies qu’ils pouvaient mettre dans un projet qui les tenait à cœur.

Avec les années, je me suis profondément questionné à savoir ce qu’une telle émission pouvait amener à la société en général et à la jeunesse en particulier. Je crois sincèrement que ce concours musical, où le public est amené lui-même à pouvoir déterminer le grand vainqueur, a pu montrer à toute la population francophone du Canada les valeurs profondes que peuvent vivre les jeunes d’aujourd’hui, malgré tout ce qu’on peut dire de notre jeunesse. Souvent, nous sommes amenés, dans notre vie, à catégoriser les choses et les gens. Les fonctionnaires sont des paresseux, les hommes et les femmes politiques des menteurs, les jeunes n’ont pas de valeurs. Sans nous en rendre réellement compte, nous mettons toutes les personnes, appartenant à la même catégorie, dans le même sac.

Par contre, lorsque nous nous arrêtons et nous analysons attentivement tout ce qui se passe de beau avec l’aventure Star Académie, nous réalisons que nos jeunes ont des valeurs beaucoup plus profondes que nous pourrions le penser. Les jeunes académiciens apprennent d’abord à faire des efforts et à persévérer pour aller au bout de leurs projets et réaliser un rêve, parce que faire des efforts pour arriver à nos fins fait partie de la vie humaine et c’est là une manière de nous réaliser et de nous valoriser. Arriver au bout de quelque chose en y ayant mis énergies et forces est beaucoup plus valorisant que d’avoir eu tout cuit dans le bouche, sans y mettre de détermination. Chacun de ces jeunes talents aura aussi appris à critiquer et à se faire critiquer. Ils apprennent ainsi à être capable de vivre en société, de travailler et d’avancer dans la vie parmi les autres. Star Académie est également un lieu de respect, d’amitié et d’encouragement. Ces jeunes sont appelés à s’entraider et à se soutenir, découvrant ainsi que le soutient des autres est indispensable à notre vie et à notre bien-être.

Les jeunes talents que nous suivrons semaines après semaines, ces jeunes qui feront monter en nous quelques émotions, parfois sans trop savoir pourquoi, deviendront, dans une société qui perd ses points de repères, une manière de nous dire que tout n’est pas perdu et qu’il y a encore beaucoup d’espoir à avoir. Que le cœur et la détermination de chacun d’eux sachent toucher nos vies et change notre regard sur le monde d’aujourd’hui.

Jean-François Roy

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